Concentrons-nous sur le contenu d’un texte produit par un étudiant

Le 30 octobre dernier (2011), The Chronicle of Higher Education publiait un article sur l’obsession que portent un certain nombre d’enseignants sur les formats de citation.  L’auteur, Kurt Schick, pourfend cette obsession.  À son avis, les styles de citation sont arbitraires, correspondent à des pratiques spécialisées pour érudits et il recommande d’abandonner la fixation sur le format de citation pour se concentrer sur la fonction même de la citation, qui est d’appuyer un argument.

Si un prof accorde trop d’attention (et de notes) sur l’exactitude du format de citation au détriment du contenu d’un texte, il y a fort à parier que les étudiants passeront plus de temps à s’en faire avec le respect du format et moins à développer leurs idées pour un bon texte.  Pourtant, les rédacteurs d’expérience ne publient qu’une fois qu’ils ont

  • bien cerné leur sujet,
  • choisi et évalué leurs sources,
  • organisé leurs idées,
  • rédigé un premier jet,
  • relu et réécrit (parfois plusieurs fois).

Ces rédacteurs d’expérience passent plus de temps à penser à leur sujet qu’à se soucier du format de citation.  Ils font usage de leurs compétences informationnelles et rédactionnelles.

Les travaux de recherche du Citation Project, sous la responsabilité de Rebecca Moore Howard et Sandra Jamieson, corroborent cet effet pervers d’une préoccupation « névrosée » du format de citation au détriment du développement des compétences informationnelles. On a en effet remarqué que les étudiants les plus malins ont compris : maîtriser le ou les formats de citation (et ainsi obtenir de bonnes notes) et ce, dans des travaux médiocres où la paraphrase est bâclée et où le résumé brille par son absence est plus payant que de rendre un travail bien rédigé faisant état d’une pensée propre, bien articulée et solidement appuyée de diverses sources.

Schick fait l’apologie de l’écriture comme voie royale pour comprendre n’importe quelle discipline.  Il ajoute « Writing also enables students to practice analysis, synthesis, and other skills that constitute critical, creative, and even civic thinking. If writing provides one of our best means to enhance learning outcomes across the curriculum, then more writing equals more learning. » Quant à la citation, il recommande que les exigences soient ramenées à l’essentiel : le nom du ou des auteurs, le titre de la source et les informations concernant sa publication (où et quand) et que les questions de virgules, points, majuscules, gras, italique… soient laissées de côté, au moins jusqu’à la publication « scientifique ».

En matière de lutte anti-plagiat, le développement des compétences informationnelles et rédactionnelles constitue un outil de première importance…  Malheureusement, son importance est souvent sous-estimée des enseignants, qui continuent d’affirmer que le développement de ces compétences n’est pas sous leur responsabilité.

Source :

Schick, Kurt, « Citation Obsession ?  Get over it ! », The Chronicle of Higher Education,  30 octobre 2011.

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