L’usage de la vidéo en formation des futurs enseignants

Dernièrement, j’ai vu passé le résumé d’une communication de Cyrille Gaudin et Sébastien Chaliès qui exposaient les résultats de leur recherche sur l’usage de la vidéo en formation des maîtres. Comme plusieurs des programmes en éducation à l’Université de Sherbrooke ont à recours à ce médium, je suis remonté à la source…

D’entrée de jeu, les deux hommes situent l’outil vidéo et font état d’un enthousiasme assez généralisé quant à l’utilisation de la vidéo à des fins de formation (Brophy, 2004). Toutefois, précisent-ils, nombres d’études (Van Es & Sherin, 2008) montrent également qu’en situation d’objectivation, les futurs maîtres en restent souvent à une perception de surface peu formative…

Gaudin et Chaliès ont donc tenté d’apprécier si les circonstances de «virtualité» qu’offre l’usage de la vidéo en formation des maîtres permettent vraiment à ces derniers de mieux se préparer à la réalité. Ce que l’étude révèle et que je ne soupçonnais pas, c’est le caractère paradoxal de l’usage de la vidéo en formation professionnelle : la vidéo offre, d’un côté, la possibilité d’un accompagnement efficace par le visionnement et le revisionnement des bandes filmées mais, de l’autre côté, place les futurs enseignants devant une pratique professionnelle «médiatiatisée» qui semble rendre difficile le transfert des apprentissages…

Les chercheurs concluent que «l’outil vidéo inscrit la pratique professionnelle en cours de construction dans une virtualité pouvant s’avérer à termes limitative. Pour éviter de tomber dans cet écueil, il convient donc de mettre en place des dispositifs de formation « hybrides » (Ria, Serres & Leblanc, 2010) au sein desquels l’outil vidéo aide à rapprocher la virtualité des formations et la réalité des classes.»

Encore faut-il savoir à quoi ces dispositifs de formation « hybrides » référent? J’ai donc poussé ma quête un peu plus loin et ai déniché sur un document à travers lequel les mêmes chercheurs démontrent l’importance d’une «alphabétisation visuelle» des formateurs et des étudiants en formation des maîtres. Car autant les futurs enseignants sont capables d’identifier les situations vécues en les visionnant, autant ils peinent à interpréter efficacement les effets des principaux organisateurs de ces situations. Pour Gaudin et Chaliès, il est clair que la compétence à décoder des séquences vidéo en contexte d’enseignement n’est pas innée et doit passer par une formation. Très, très intéressant!

Sources :

Cyrille Gaudin et Sébastien Chaliès, « L’usage de l’outil vidéo dans la formation des enseignants novices par l’observation : circonstances dans lesquelles la virtualité permet de se préparer à la réalité », Actes du Congrès de l’Association des Chercheurs en Activités Physiques et Sportives, tenu du 24 au 26 Octobre 2011, à Rennes, France [Document PDF].

Cyrille Gaudin et Sébastien Chaliès, « L’alphabétisation visuelle: vers la délimitation d’un nouveau champ de recherche en éducation et en formation », Actes du congrès de l’Actualité de la recherche en éducation et en formation (AREF), Université de Genève, 17 novembre 2010 [Document PDF].

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