Transposer un cours qui se donne en classe en ligne: quelques pistes de réflexion sur la démarche

Je participe à l’occasion à certaines discussions sur les médias sociaux, dont LinkedIn qui facilite les échanges entre groupes de professionnels.  Un fil de discussion dans le Instructional  Design & E-Learning Professionnal’s Group a attiré plus particulièrement mon attention, alors qu’un membre a posé candidement la question suivante: « Comment vous vous y prendriez pour transposer en ligne un cours qui se donne en classe  » (traduction libre de « How would you go about converting a face to face course to an eLearning format ?« ), en précisant: 1) les critères qui déterminent si le cours est un bon candidat à une mise en ligne, et 2) les considérations liées aux aspects synchrone/asynchrone des activités de formation prévues.

En réaction à ce fil, Christopher Pappas a publié un billet sur le blogue de la compagnie eFront, qui offre un soutien à l’environnement numérique d’apprentissage (ENA) libre du même nom [NDLR: j’ai eu à conseiller une ex-employée sur l’utilisation de cette plateforme au sein d’un ministère au gouvernement fédéral] et qui présente quelques pistes de réponse. Ce dernier confirme un peu ce que l’on rencontre parfois lors de nos propres interventions:  bien souvent, l’effort se limite à l’adaptation des contenus déjà utilisés en classe (par exemple, la conversion de présentations en format PowerPoint, de séquences vidéo ou de capsules en format audio en formats compatibles avec le web), suivi du dépôt des fichiers résultants dans l’ENA institutionnel. Il est plus rare que l’on travaille à une scénarisation qui pourra ensuite guider le choix des outils à privilégier pour construire chacune des activités durant le cours. Pappas présente donc 5 conseils pratiques visant à mieux orienter la réflexion des praticiens se questionnant sur la démarche à suivre pour accompagner leurs clients :

  1. Identifier le format désiré: par le terme « format », l’auteur réfère aux modes synchrone, asynchrone ou hybride;
  2. S’informer sur le processus de conception: l’auteur réfère à l’existence de différents modèles génériques permettant de mieux encadrer la conception pédagogique et de maximiser l’efficience du travail, incluant ADDIE (pour « Analysis », « Design », « Development », « Implementation », et « Evaluation ») et un modèle basé sur les conditions d’apprentissage de Gagné (qui a évolué pour inclure des concepts cognitivistes).
  3. Définir les interactions entre l’étudiant et les contenus, l’étudiant et l’enseignant et les étudiants entre eux.
  4. Choisir les outils technologiques pertinents, avec un souci particulier pour rendre les étudiants actifs dans leur apprentissage, et ce en fonction de la nature des interactions définie préalablement;
  5. Définir des modalités d’évaluation (voire même d’évaluation continue tout au long de la formation) qui tiennent compte de la rétroaction des étudiants.

Sans voir ces conseils comme une démarche rigoureuse pouvant répondre à tous les besoins (l’auteur n’a pas cette prétention), il reste que ces considérations devraient faire partie de toute démarche de mise en ligne de cours.

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