Thèses plagiées et habits neufs de l’empereur

Article fort intéressant de Goetz Richter sur comment le plagiat sape notre civilisation en nous faisant douter de tout ce que les politiciens, entre autres, nous disent.  Goetz Richter est musicien et philosophe au conservatoire de musique de l’Université de Sydney.  Dans son article, « Googling Baron just tip of plagiarism iceberg », il s’attaque à un des effets du plagiat sur la population : le scepticisme envers les politiciens et les universitaires.   Mais plus encore, il fustige les universités qui tolèrent le plagiat et, ce faisant, encourage l’admiration d’empereurs nus (conte de Hans Christian Anderson*).

Il affirme que notre civilisation et notre culture (occidentales) sont construites sur un discours articulé visant le bien commun.  Le plagiat, qu’il considère comme du blabla, nuit à notre appréhension et compréhension du monde parce qu’il crée des impressions à partir de faussetés.  Il en conclut que…

[w]hile impressions that are not sustained by discursive truth are in themselves not damaging to society (in fact much music plays with such impressions) fake rhetorical impressions in public life and education undermine our culture like a cancer. They corrode listening and attention because they advance incoherence and confusion. Faking our speech destroys our thinking – faking right reason will undermine our civilisation.

À méditer.

*   Les Habits neufs de l’empereur (de Wikipédia)

Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par dessus tout être bien habillé. Il avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, deux escrocs arrivèrent dans la grande ville de l’empereur. Ils prétendirent savoir tisser une étoffe que seules les personnes intelligentes pouvaient voir et proposèrent au souverain de lui confectionner des vêtements. L’empereur pensa que ce serait un habit exceptionnel et qu’il pourrait ainsi repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mirent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vint voir où en était le tissage de ce fameux tissu. Il ne vit rien car il n’y avait rien. Troublé, il décida de n’en parler à personne, car personne ne voulait d’un empereur sot.

Il envoya plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Ils ne virent pas plus que le souverain, mais n’osèrent pas non plus l’avouer.

Tout le royaume parlait de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décidèrent que l’habit était achevé, ils aidèrent l’empereur à l’enfiler.

Ainsi « vêtu » et accompagné de ses ministres, le souverain se présenta à son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon osa dire la vérité : « Mais il n’a pas d’habit du tout ! ». [ou dans une traduction plus habituelle : « le roi est nu ! »]. Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit que son peuple avait raison, mais continua sa marche sans dire un mot.

Source :

Richter, Goetz, « Googling Baron just tip of plagiarism iceberg »,  The Australian, 3 octobre 2011.

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