La pratique délibérée accélère le développement de l’expertise

De nombreux chercheurs s’intéressent à l’expertise et à la performance de haut niveau dans la plupart des domaines d’activité humaine. En comprenant mieux les caractéristiques des experts et comment cette expertise s’est développée, on tire des leçons sur la pédagogie à mettre en œuvre pour accélérer le développement de l’expertise dans les programmes de formation.

L’une de ces méthodes dont la valeur a été démontrée par des données probantes se nomme la pratique délibérée. Qu’est-ce que la pratique délibérée?

Un « régime » planifié d’exercices qui tombent juste en-dehors du niveau de compétence actuel de l’apprenant, concentré sur des habiletés [skills] spécifiques qu’il doit améliorer. Le programme est typiquement préparé par un enseignant ou par un entraîneur et adapté à l’individu. C’est le type de pratique qui mène à l’expertise. [Traduction libre de Clark (2008)]

Ambrose et al. (2010) formulent la même idée de façon plus synthétique : « La pratique orientée vers des buts couplée à une rétroaction ciblée sont critiques pour l’apprentissage » [Traduction libre]

Des heures de pratique délibérée mènent à des améliorations très rapides. Pour mettre en place de la pratique délibérée, il faut réunir les caractéristiques suivantes :

  1. Le programme d’exercices cible exactement les habiletés critiques qui ont le plus besoin d’amélioration pour passer à un niveau supérieur de performance global. Par exemple, un joueur de tennis pourrait se voir imposer un entraînement visant très spécifiquement à améliorer ses revers si c’est le principal obstacle actuel dans sa performance globale pendant les matchs. Un autre devra plutôt travailler le contrôle de la puissance de ses coups, et ainsi de suite. Note : le principe s’applique autant aux performances cognitives ou artistiques (notamment musicales) qu’aux performances sportives.
  2. Le programme pose un défi qui est à la portée de l’apprenant : un peu en-dehors de son niveau actuel, sans être pour autant trop difficile, ni trop facile.
  3. La performance s’améliore graduellement par la répétition après avoir reçu une rétroaction constructive.

Le programme est donc nécessairement personnalisé. Une fois que le niveau de performance souhaité est atteint, on peut cibler d’autres habiletés. Ce principe soutien plusieurs caractéristiques des parcours professionnalisants tels que nous les concevons à l’UdeS.

Le développement continu de l’expertise se fonde notamment sur la poursuite de pratique délibérée tout au long de la carrière. Plusieurs experts confirmés sont capables de définir eux-mêmes leurs propres besoins, de veiller à les combler et d’auto-évaluer l’atteinte de leurs objectifs, même s’ils n’utilisent pas cette expression ou n’en sont pas entièrement conscients. La recherche démontre que l’on peut inculquer explicitement cette habileté métacognitive d’autorégulation chez les apprenants pour qu’ils se bâtissent leur propre pratique délibérée. L’entraînement à la réflexivité (une autre caractéristiques des parcours professionnalisants issus du cadre de l’UdeS) a notamment cette visée.

Sources :

Clark, R. C. (2008). Building Expertise : Cognitive Methods for Training and Performance Improvement, Pfeiffer. 495 pages.

Ambrose, S. A., M. W. Bridges, et al. (2010). How Learning Works : 7 Research-Based Principles for Smart Teaching, Jossey-Bass. 301 pages.

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