La confiance : élément clé de tout apprentissage

Dans une thématique de Thot Cursus reliée aux sports, Christine Vaufrey met en lumière l’importance de la confiance pour maximiser les divers apprentissages, qu’ils soient de la vie en général, de nature sportive ou de nature scolaire.

Dans une entrevue accordée à Christine Vaufrey, « Thierry Kinderstuth mentionne que c’est parce que l’athlète est capable de faire confiance à ses coachs, et que ces derniers sont dignes de cette confiance, qu’il peut se dépasser et conserver sa motivation au-delà des difficultés. Il dit aussi que les athlètes qui suivent un double parcours d’études académiques et sportif à l’INSEP sont prêts à accorder leur confiance à leurs enseignants, élément fondamental et caractéristique des sportifs de haut niveau, selon Kinderstuth, leur permettant de mener leurs études jusqu’à leur terme, en dépit d’emplois du temps démentiels et de l’investissement personnel extrême que réclament l’entraînement et la participation aux compétitions. »

La confiance comme moteur d’innovation

Richard Collin qui partage totalement cette ligne de pensée avait formulé déjà à ce sujet une expression très significative pour représenter comment la confiance est aussi moteur d’innovation : « « La confiance est la bande passante de la connaissance« . La formule inventée par Collin et qu’il illustre dans ce diaporama par une métaphore sportive (le passage de relai), a fait le tour de bien des entreprises, mais combien sont capables de desserrer l’étau du contrôle et de lâcher la bride à leurs meilleurs éléments? Et combien de managers sont prêts à suivre ces derniers parfois loin de ce qu’ils avaient imaginé, mais en faisant confiance à leurs talents et leur capacité à déceler de nouvelles opportunités? » Par ailleurs, un bris de confiance s’avère désastreux pour tout le monde qui est concerné.

La confiance au coeur de la relation prof-élève

La confiance est vraiment au coeur de la relation prof-élève. Ce que plusieurs observent, c’est que les enseignants souffrent probablement plus d’un déficit de confiance que d’une perte d’autorité. Il est autant question de « confiance portée par leurs élèves que de la confiance qu’eux-mêmes portent dans le système qui non seulement les emploie, mais leur donne une place importante dans la construction de la société. Être digne d’une relation de confiance implique des responsabilités; c’est préférer dire, droit dans les yeux de ses élèves ou étudiants « je vais vous accompagner jusqu’en haut, au-delà de ce dont vous pensiez être capables » et montrer par son attitude que l’on tient cet engagement, plutôt que « ils sont désintéressés, ils ne lisent plus, ils zappent en permanence, et de toutes façons tout le monde s’en fout ».

Ce que l’on nomme le charisme, qui nous fait nous souvenir de certains enseignants bien des années après que nos chemins se soient séparés, est sans doute un autre nom de la confiance partagée. Oser faire confiance, oser accepter la confiance et s’en montrer digne, voilà sans doute la plus belle leçon du sport, celle dont découlent toutes les autres qualités de cette pratique et qui ne souffre pas des affaires louches. C’est aussi une clé essentielle de la réussite intellectuelle. Que l’on se souvienne de la lettre qu’Albert Camus envoya à son instituteur, lorsqu’il apprit qu’il avait reçu le prix Nobel de littérature : « sans vous, (…), rien de tout cela ne serait arrivé« .  »

L’article va plus loin en précisant que la confiance ne doit pas reposer sur un aller-retour de bons services. « Ce n’est pas dire « je vous fais confiance, vous vous occupez de tout et moi je récupère les résultats ». Non, la confiance repose sur l’effort et la vigilance partagés, l’exigence face à soi et à ses partenaires, la reconnaissance de ses erreurs et de ses limites. Se positionner comme le surhomme qui a réponse à tout est dramatique pour l’entretien de la confiance. Jouer de la force accordée par sa place dans le système (l’enseignant face aux élèves) ou par l’effet de nombre (les élèves face à l’enseignant), aussi. 

Christine Vaufrey conclut en écrivant que la confiance s’acquiert et par la suite, doit être entretenue. Ainsi, pour maximiser leurs performances, les jeunes sportifs apprennent à faire confiance à leurs entraîneurs et aux membres de leur équipe et cette confiance doit être réciproque. Cultiver volontairement la confiance mutuelle permet de grandes choses, comme celle de « réussir ensemble ».

Source :

VAUFREY, Christine. « La confiance, moteur du sport, de l’innovation et de l’éducation », publié dans Thot Cursus du 3 octobre 2011.
VAUFREY, Christine. « Concilier parcours d’études et entraînement sportif de haut niveau », publié dans Thot Cursus du 3 octobre 2011.

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