La formation à distance et l’intégration des TIC : les étudiants aiment, aiment pas, aiment…

Un article d’Alexandre Roberge dans Thot Cursus, le 25 septembre 2011, qui met en relation différentes études récentes sur la perception qu’ont les étudiants québécois et canadiens de la formation à distance ou de l’intégration des TIC à l’enseignement.  Rappelant l’étude The State of E-Learning in Canadian Universities, 2011: If Students Are Digital Natives, Why
Don’t They Like E-Learning?
de Rodgers et Usher [NDLE : dont nous a déjà parlé Éric; répondants : 1 289 étudiants universitaires canadiens anglais, par questionnaire] évoquée par Denys Lamontagne dans un article précédent de Thot, Roberge en compare les conclusions avec celles de deux articles du plus récent numéro de la Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire (RITPU) qui arrivent à des résultats plus positifs pour les étudiants québécois. 

Dans « Usage des TIC en pédagogie universitaire : point de vue des étudiants » de Carole Raby (UQAM), Thierry Karsenti (UdeM), Hélène Meunier (UQAM) et Stéphane Villeneuve (UdeM), des données recueillies par questionnaire et par des groupes de discussion (auprès de 10 266 étudiants universitaires du Québec) « montrent que les étudiants considèrent que certaines pratiques pédagogiques faisant appel aux TIC favorisent leurs apprentissages, alors que d’autres leur sont moins bénéfiques ».  Selon Roberge,

 « …[I]ls jugent favorablement les dispositifs de mise en ligne et les renvois vers des sites externes, même s’ils critiquent parfois le contenu de ces sites. Ils utilisent régulièrement leur adresse de courriel fournie par l’université et les logiciels de présentations. Certains (mais pas la majorité) voient les plateformes de FOAD comme des éléments intéressants. En revanche, une très large majorité d’étudiants n’apprécie pas les blogues et les forums internes, qu’ils  considèrent comme artificiels et déclenchant peu de réels échanges entre eux.  » [mon emphase]

Alors que dans « Une analyse longitudinale de la réussite des étudiants ‘en ligne’ ou ‘en classe’ : le cas d’un cours de marketing suivi au sein d’une université québécoise », William Menvielle (UQTR) présente une étude sur la réussite des étudiants de 1er cycle universitaire d’un cours de base en marketing grâce à un « échantillon de 373 répondants ». « [L]es résultats démontrent, entre autres, qu’il n’y a pas de différences significatives pour un même type d’examen entre les étudiants de ces deux groupes. »  À la dernière évaluation, les étudiants en classe ont mieux performés que les étudiants en ligne.  Toutefois, comme l’explique Roberge :

« …[L]’article précise qu’il manquait un élément essentiel au dispositif en ligne, à savoir un canal de communication entre l’enseignants et les étudiants… Ces derniers ont donc du se débrouiller seuls. Un point qui ne manquera pas d’étonner, compte-tenu de la profusion d’outils de communication dont sont équipées les plateformes depuis longtemps.  » [mon emphase]

Conclusions générales :

Pour Roberge, « [l]es points positifs [à l’intégration des TIC] n’existent que si les enseignants s’approprient et utilisent vraiment les outils, de manière naturelle. Les étudiants ne se privent pas de critiquer un enseignant qui ne répondait quasiment jamais à ses étudiants par courriel, alors qu’il les avait encouragés à communiquer de cette manière » et « les résultats obtenus par le groupe ayant étudié en ligne […] seraient encore meilleurs si l’enseignant avait pris conscience de son rôle, qui ne disparaît pas dans ce type de dispositif ». De même, « l’adoption d’une approche efficace prend du temps, dans la mesure où il s’agit de modifier en profondeur les pratiques et les croyances sur lesquelles se fonde l’enseignement supérieur depuis des décennies. » [mon emphase]

Lamontagne analyse la situation de manière similaire : «  On pourrait dire que les technologies sont utilisées de façon pratique, mais pas systématique ni structurée » [mon emphase] ou « on est encore loin d’avoir maîtrisé l’usage didactique des technologies et ce n’est sans doute pas la priorité de bien des enseignants chercheurs, ni même une préoccupation ».  Enfin, «  il reste encore beaucoup de travail à faire au niveau des pratiques et des mentalités, en commençant par une identification des ressources et contenus qui bénéficieraient le plus d’un passage en ligne ».

Sources :

Lamontagne, Denys, « Pourquoi les étudiants universitaires canadiens n’aiment pas le e-learning ? », Thot Cursus, 13 septembre 2011 [requiert une authenfication sur le site du Service des bibliothèques]

Roberge, Alexandre, « Comment les étudiants québécois perçoivent-ils les TIC à l’université ? »,  Thot Cursus, 25 septembre 2011 (MAJ 26/09/2011)

Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, Volume 8 – Numéro 3, 2011, PDF, 36p.

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Commentaires

  1. Eric Chamberland a écrit:

    Excellent billet, très intéressant. Merci pour l’info et bravo! Tu empiètes sur mon axe, mais c’est tellement bien fait que je ne peux que t’en remercier 😉 On va sûrement faire référence à ces articles dans des projets du MECF en FAD.

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