Ritalin : stimulant sur la sellette pour améliorer ses performances universitaires

Depuis qu’on entend parler de jeunes enfants à qui on a prescrit du Ritalin de façon à combler leur déficit d’attention en classe du primaire et leur permettre plus de concentration pour leur apprentissage, voici que le Ritalin entre maintenant sur les bancs universitaires.

Ariane Lacoursière,  dans son article du 6 septembre 2011 publié dans le journal La Presse (Montréal), rapporte que « [d]e 5 à 35% des étudiants canadiens consommeraient du Ritalin ou d’autres substances stimulantes dans le but d’améliorer leurs performances scolaires. Or, ce faisant, ils mettent leur vie en danger, estiment des chercheurs. Dans un éditorial publié aujourd’hui dans le Journal de l’Association médicale canadienne, ces chercheurs pressent les universités d’adopter des méthodes d’intervention beaucoup plus sévères. »

En effet, alors qu’au départ, des médicaments comme le Ritalin ou l’Adderall, étaient prescrits pour diminuer le déficit d’attention et l’hyperactivité, voici que des étudiants, dits « normaux », les utilisent pour augmenter leurs performances, ce qui représente un risque réel pour des étudiants brillants. Paul Hébert, l’un des auteurs de l’équipe éditoriale, met de l’avant que même si actuellement, il n’y a pas beaucoup de documentation sur le sujet, il est visible qu’il y a un problème. « Fait intéressant, une étude a démontré que les stimulants ne permettent pas réellement d’améliorer la concentration et la performance scolaire. « Pour les tâches simples et répétitives, les stimulants peuvent aider à court terme. Mais pour des tâches plus complexes, ils n’aident pas du tout. On devrait en informer les jeunes », résume le Dr Hébert. »

Les conséquences peuvent être graves, allant de l’hypertension grave, à l’arythmie, à la dépendance, à la dépression jusqu’à la mort. De plus, ces produits inhalés ou injectés dans le sang causent des effets indésirables à une plus grande fréquence. Les professionnels de la santé doivent être vigilants et bien indiquer à leurs patients qu’ils ne doivent donner de leurs médicaments prescrits à personne.

Contrairement aux campagnes de prévention contre les abus d’alcool ou de drogue, rien n’est structuré pour les abus de stimulants. C’est pourquoi les chercheurs pensent que les universités devraient rapidement lancer des campagnes de sensibilisation sur ces dangers. Par ailleurs, pour bien cibler ces campagnes, il faudra de la part des universités une démarche de recherche d’informations sur ce qui se passe réellement au sein de leurs campus et sur les causes de consommation croissante de ces produits.

Ces chercheurs considèrent cette démarche comme urgente, car une université pourrait être reconnue imputable des conséquences de cette consommation au sein de son établissement. Pour l’instant, on privilégie le statu quo et on est très prudent. « À la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), on dit que l’enjeu de la consommation de stimulants par les étudiants n’a pas encore été discuté et qu’aucun commentaire ne sera émis. Le ministère de l’Éducation « ne dispose pas de données sur ce phénomène et chaque établissement universitaire est autonome dans le soutien qu’il offre à ses étudiants », affirme le responsable des communications, Pierre Noël. »

Source :

LACOURCIÈRE, Ariane. « Ritalin dans les universités: appel à une intervention plus musclée », article publié dans La Presse (Montréal) du 6 septembre 2011, en p. A18, ainsi qu’en ligne.

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Commentaires

  1. Jean-Sébastien Dubé a écrit:

    Nous avions déjà abordé le phénomène en 2009 dans une dépêche sur la consommation aux États-Unis : http://www.ssfudes.com/veille/leveilleur/?p=1632

    • Sylvie Hallé a écrit:

      En espérant surtout que des mesures soient prises pour enrayer le fléau… L’université qui abordera ouvertement le problème fera preuve de courage et de transparence. Je ne pense pas que cela soit une bonne idée d’attendre une msure généralisée venant du ministère de la Santé et des Services sociaux ou encore de celui de l’Éducation, du Loisir et du Sport, car plusieurs années risquent de passer.

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