Livre blanc de l’Université de Genève sur la relation éthique et plagiat dans les travaux étudiants

Lors de sa visite à l’Université de Sherbrooke, Mme Michelle Bergadà nous a remis quelques exemplaires d’un rapport (nommé Livre blanc) publié par la Commission Éthique -Plagiat de l’Université de Genève : La relation éthique-plagiat dans la réalisation des travaux personnels par les étudiants.  Bien que ce rapport date d’avril 2008, son actualité est toujours vivante et ses proposition soulèvent des enjeux majeurs pour la formation, bien sûr, mais également pour la production de nouvelles connaissances.

Cette première dépêche porte sur la première section du rapport et se veut un hameçon pour intéresser les collègues.  Cette première section porte le titre de Un contexte en mutation et comprend 3 chapitres, chacun comportant des sous-chapitres et se terminant par des considérations ou des recommandations.

1. Technologies, mutation des connaissances et de l’apprentissage: impact sur les métiers d’enseignant et d’étudiant

1.1 L’outil – l’artefact technologique – modifie-t-il nos capacités cognitives?

1.2 Qu’est-ce qu’une connaissance – la connaissance – aujourd’hui?

1.3 Comment la technologie influence-t-elle ces connaissances?

1.4 Ces mutations favorisent-elles une attitude pro-plagiat?

1.5 Vers la marchandisation de la formation

Les considérations :

  • L’influence des outils et des technologies sur l’ensemble des comportements humains, les activités humaines, les relations sociales qui s’y nouent et les productions qui sont issues de ces activités.
  • La modification des modes de production, de validation et de diffusion des connaissances avec l’exacerbation des différences entre les savoirs scientifiques et narratifs sous l’influence des nouvelles technologies, le Web et Internet, et des usages qu’ils induisent chez les enseignants comme chez les étudiants.
  • Le développement de pratiques de production de connaissances réseautées, collectives et collaboratives.
  • L’éclatement des sphères spécialisées et légitimées à produire information et connaissance.
  • La surcharge d’information, la difficulté à distinguer information et connaissance et à identifier une information ou connaissance pertinente, fiable et de qualité en regard avec les exigences du travail académique.
  • L’obsolescence des informations et des connaissances et l’immédiateté induite par les possibilités de mise à jour de l’information numérique.
  • L’industrialisation et la marchandisation de la formation, processus que le développement technologique a grandement contribué à renforcer.
  • Du côté des étudiants, l’opposition entre mode de production non académique (Web 2, blogue, pratiques digital natives, etc.) et productions académiques évaluées sur un mode de l’apprentissage individuel.
  • Du côté des enseignants, la coexistence de la culture de chercheur d’«avec le Web» et de celle d’enseignant d’«avant le Web».

 

2. Les comportements et les compétences des étudiant-es

2.1 Quel est le contexte de travail universitaire des étudiant-es d’aujourd’hui?

2.2 Le Web: un allié dans la production des travaux d’étudiant-es?

2.3 Pourquoi les étudiant-es font-ils appel au copier-coller d’Internet?

2.4 Quel est le processus de réalisation des mémoires et des thèses par les étudiant-es?

Les recommandations :

  • De distribuer le présent rapport à tous les professeurs, membres du corps intermédiaire et services d’appui à la pédagogie afin que chacun prenne conscience de la nature et de l’ampleur du phénomène.
  • D’admettre que le temps consacré par les étudiants à leurs études tend à diminuer et de définir une position claire à ce sujet tout en vérifiant que, au cours d’un même semestre, les étudiants d’un programme aient un nombre raisonnable de travaux personnels à rendre.
  • De renforcer le rôle des assistants comme de véritables intervenants dans l’apprentissage de «méthodes de travail rigoureuses».
  • D’introduire une solide formation au développement d’une e-culture et plus particulièrement de «compétences informationnelles», compétences qui incluent l’art de la citation.
  • De constituer une banque de cas de plagiat collaborative et transfacultaire, afin que chacun puisse avoir une référence commune.
  • D’éditer un petit mémo simple à l’instar de celui sur la sécurité ou les remboursements, à mettre dans toutes les mains lors du passage aux secrétariats des études.

 

3. La bibliothèque de demain et la compétence informationnelle

3.1 Quels enjeux pour la bibliothèque au cœur de la société de l’information?

3.2 La bibliothèque: centre de gravité de l’apprentissage universitaire?

3.3 Que sont les «compétences informationnelles» à acquérir?

3.4 Quelles actions institutionnelles supportent ces «compétences informationnelles»?

Les recommandations :

  • De mentionner clairement la «compétence informationnelle» dans la stratégie institutionnelle de l’Université de Genève.
  • D’élaborer un plan d’action transversal pour intégrer toutes les bibliothèques de l’université dans le processus de formation (comité de pilotage, groupes de travail, etc.).
  • De définir une politique institutionnelle comprenant des standards de base pour assurer l’équité de formation pour tous les étudiants en la matière.
  • D’intégrer dans le cursus académique cette formation aux «compétences informationnelles» et de la valoriser en termes de crédits ECTS.
  • De former tous les bibliothécaires-formateurs de l’université aux moyens de répondre à la formation aux «compétences informationnelles».
  • D’élaborer une enquête sur les «connaissances informationnelles» des étudiants du 1er cycle afin de mesurer l’impact des formations à la maîtrise de l’information et être en mesure de faire évoluer la pratique.
  • De prendre une part active aux réseaux internationaux afin de contribuer à la connaissance du plus grand nombre en matière de «compétence informationnelle».

Cette première section est carrément inspirante et a le mérite de poser des questions fondamentales pour le monde de la formation qui a été bouleversé par les TIC à un niveau encore mal évalué par les administrateurs et les enseignants.  Il y a quelque chose de réconfortant dans le fait de constater que les questionements qui m’habitent depuis le début de mon intérêt pour le plagiat sont ici repris par d’autres beaucoup plus expérimentés en la matière.

Les membres du groupe de travail anti-plagiat de l’Université de Sherbrooke ont été sensibilisés à ce contexte en mutation.

La section II porte sur les projets organisationnels et fera l’objet d’une ou plusieurs autres dépêches ultérieurement.

Mme Bergadàa est présidente de la Commission Éthique-Plagiat et cosignataire du rapport, disponible en ligne en format PDF sur le site Internet: Fraude et déontologie selon les acteurs universitaires, un site dédié aux professeurs, étudiants et dirigeants d’établissements universitaires qui refusent de fermer les yeux sur la fraude pratiquée via Internet et découlant du plagiat de mémoires, de thèses, d’articles de recherche et de livres académiques.

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