De la gestion de son image et des limites de la vie privée sur les réseaux sociaux

Des réflexions intéressantes de Simon Jodoin, du Voir, quant à la distinction entre ce qui est privé et public, de même que de la façon dont cela s’applique dans les Twitter, Facebook et autres médias sociaux à l’heure du marketing de soi-même (Personal Branding) [Note : Il écrit ce billet en marge de sa victoire suite à des procédures judiciaires entamées à son endroit par la célébrissime blogueuse Michelle Blanc. Indépendamment de ce contexte, ses explications me sont apparues assez générales et utiles pour les rapporter.] :

« Certes, certains utilisent facebook afin de maintenir un contact privé avec leurs connaissances, leurs amis proches et leurs familles. Ils y échangeront des recettes, y publieront des photos de leurs vacances et prendront souvent bien soin de n’accepter que des gens qu’ils connaissent comme « amis ».

Mais pour certains, les médias sociaux forment une réelle tribune publique qu’ils utilisent comme telle. Dans bien des cas, être présent en ligne fait partie d’une stratégie réfléchie de communication et de publicité fondée sur plusieurs plateformes : un blogue -qui est un média public au même titre qu’un magazine- des comptes Facebook et Twitter où il est de mise d’accepter n’importe qui comme « amis » ou « followers » afin de constituer ni plus ni moins qu’un auditoire. Soyons sérieux… Qui peut prétendre avoir réellement 5000 amis intimes?

On parle même de personal branding, expression par laquelle on comprend que la personnalité se présente comme une marque de commerce, un logo, utilisé à des fins diverses. Les protagonistes de cette nouvelle manière de marketing ne s’en cachent d’ailleurs pas : ils bloguent « pour vendre », pour « influencer » et se considèrent eux-mêmes comme des « faiseurs de tendance ». »

Il rappelle certains articles de la loi sur la vie privée et passe en revue les conditions d’utilisation de Facebook et Twitter.  De là, il tire les conclusions suivantes :

« Dans le contexte du droit à l’image, il n’y a donc aucun doute possible : Lorsque vous faites le choix d’apparaître publiquement sur les réseaux sociaux, d’utiliser ces outils à des fins de promotion, qu’il s’agisse de politique, de marketing ou de prises de positions dans des débats publics, vous consentez à diffuser publiquement votre image.

Vous ne pourrez donc pas, dans les cas où vous seriez l’objet d’une critique, revendiquer votre droit à l’image qui découle du droit général à la vie privée… Car la vie que vous tweetez en direct sur toutes les tribunes possibles, elle n’est tout simplement plus « privée »… »

À retenir lorsque l’UdeS envisagera de se doter de balises pour gérer les médias sociaux.  Si la visibilité potentielle des médias sociaux peut être intéressante pour une professeure ou un étudiant, elle peut aussi devenir problématique lorsqu’il est question de conflits interpersonnels ou d’évaluation, par exemple…

Source :
Jodoin, Simon, « Droit à l’image et médias sociaux : être son propre paparazzi », Cyberboom !, blogue sur Voir.ca, 24 mai 2011.

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