La pédagogie de l’enseignement universitaire comme objet d’étude et de recherche au Canada : un lent processus

Voici une dépêche qui aurait dû être faite il y a plusieurs mois…  Malgré le temps passé, le sujet demeure d’actualité, d’autant plus que le prochain numéro de Perspectives SSF comportera un premier article sur le « Scholarship of Teaching and Learning (SoTL) ».

Le 16 août 2010, Léo Charbonneau signait « L’étude de la pédagogie de l’enseignement universitaire » dans Affaires universitaires.  En sous-titre : Cinq ans après le premier symposium, le concept gagne en force au Canada, mais n’a pas encore déclenché de mouvement national.

On y apprend que le premier symposium a eu lieu à l’Université de Toronto et qu’il a réuni une centaine d’administrateurs académiques, alors que celui de 2010 a suscité la participation d’une centaine d’administrateurs ET de professeurs.   

Que la clientèle ait changé en cinq ans (uniquement des administrateurs au premier événement) à un groupe mixte (administrateurs et professeurs) laisse place à la formulation de  quelques hypothèses.  Le premier symposium visait probablement à faire valoir le bien-fondé d’une valorisation de l’enseignement universitaire et de la pédagogie de l’enseignement universitaire auprès des administrateurs afin qu’ils s’engagent à mettre en place des mécanismes pour le développement du SoTL.  Si le symposium de 2010 a attiré des professeurs, en plus des administrateurs, on peut espérer qu’au fil du temps, il y a eu une certaine appropriation par des membres du corps professoral de ce SoTL.  D’ailleurs, comme le rapporte Charbonneau, on est encore loin d’un engouement national pour le SoTL.  Plusieurs explications sont avancées : des choix institutionnels peuvent faire qu’on investit ailleurs ; la « jeunesse » du champ disciplinaire peut expliquer qu’il ne soit pas encore reconnu par les organismes subventionnaires et donc qu’il n’y ait pas de financement prévu pour lui; l’investissement en enseignement et en pédagogie universitaire n’est toujours pas ou peu reconnu lors de la promotion professorale…

Cinq ans plus tôt, le 6 juin 2005 pour être précise, Léo Charbonneau publiait « Scholarship of teaching and learning comes of age » dans lequel il expliquait qu’à l’origine du SoTL on retrouve un désir de rééquilibrer la valeur accordée à l’enseignement et à la recherche.  Si on désire que l’enseignement universitaire soit aussi valorisé que la recherche, l’enseignement universitaire devra devenir un objet de recherche, un champ disciplinaire en lui-même dans lequel seront réalisés des travaux de recherche visant à démontrer son importance.  

J’avoue que cette dernière phrase me laisse perplexe…

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