Portables en classe : un enseignant fait un tour d’horizon rapide de ses options

La version française du magazine Web OWNI reprend un billet d’Olivier Ertzscheid, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Institut universitaire de technologie de la Roche sur Yon.  L’enseignant-chercheur y expose son point de vue sur l’éventualité d’interdire les ordinateurs portables en classe (ce qu’il appelle les NTAD – Nouvelles technologies de l’attention et de la distraction), mais surtout sa quête de solutions alors qu’il explore les différentes avenues d’intervention qui s’offre à lui :

  • Interdire tout le temps ? Débile quand on prétend en même temps promouvoir une littératie numérique.
  • Autoriser tout le temps et sans condition ? Ingérable.
  • N’autoriser que pour certains cours ? Pas cohérent.
  • Mettre en place une charte ? Beurk. Je garde encore le souvenir nauséeux des chartes des salles d’informatique qui vous décourageaient de toute tentative d’approche d’ordinateurs par ailleurs en nombre notablement insuffisant et tournant […] très lentement. Et puis de toute façon, les étudiants ne lisent pas les chartes.
  • Laisser chaque enseignant décider ? Pas cohérent.
  • Couper l’accès WiFi ? Je suis pas fan de la castration chimique. Et puis la couverture WiFi sur les campus est quand même l’un des principaux acquis sociaux de la communauté étudiante (et accessoirement enseignante lors de conférences parfois… euh… ronflantes) [mes emphases]

Je ne suis pas certain d’être d’accord avec sa solution, alors qu’il demande aux étudiants de lui fournir les notes prises pendant un cours en vue de les partager avec l’ensemble de la classe.  Si les notes sont « acceptables », il autorise une nouvelle utilisation du portable le cours suivant, etc.  D’une part, cela suppose que la seule utilisation légitime (et encouragée) du portable en classe est la prise de notes.  D’autre part, si l’idée de promouvoir le partage d’information a du mérite, le fait de forcer le partage sous la contrainte d’une possible interdiction m’apparaît douteux…

Il reste que sa démarche a le mérite de souligner à quel point cette problématique nécessite des décisions cohérentes prises au niveau de la direction d’un programme, en lien avec les objectifs pédagogiques poursuivis par l’équipe d’enseignants.  La sacro-sainte « liberté académique » des enseignants équivaut à du cas par cas qui ne peut que créer de la confusion chez les étudiants.

L'Université de Toronto admet 5 nouveaux membres dans sa "Teaching Academy"
Formation à distance (FAD) : Un terme à utiliser

Commentaires

  1. echamberland a écrit:

    Il est possible pour un prof de passer un contrat avec ses étudiants leur demandant de fermer leurs appareils mobiles afin d’éviter les distractions, en contrepartie d’une pédagogie plus active pour les étudiants et de moments où le portable est autorisé pour prendre des notes ou pour réaliser des activités d’apprentissage en classe. Il y a un certain nombre de comportements du prof qui peuvent favoriser une bonne conduite en matière d’appareils mobiles, mais ils s’inscrivent pour la plupart dans une logique où l’exposé magistral prend une place moins importante dans l’enseignement/apprentissage.

Exprimez-vous !

*