24 heures sans médias… la suite à l’international

Il y a bientôt un an, j’attirais votre attention sur une étude du Centre des médias de l’Université du Maryland qui m’avait beaucoup interpellée.  On avait demandé à 200 étudiants en journalisme de se passer de tous médias pendant 24 heures et, dans leurs commentaires sur un blogue, on avait observé qu’ils réagissaient un peu comme des drogués en période de sevrage, notamment lorsque privé de leurs téléphones cellulaires, lien vital avec leurs amis.  On en avait conclu que les étudiants étaient possiblement plus « techno-dépendants » que « techno-futés ».

Sonia me fait découvrir que les mêmes auteurs ont développé des collaborations avec d’autres universités et étendu l’étude à d’autres pays du monde dans un projet intitulé « World Unplugged » (voir l’entrefilet dans le Maclean’s On Campus et l’article/reportage de la CBC).  On a donc demandé à 1000 étudiants universitaires de douze établissements de l’Argentine, du Chili, de la Chine, des États-Unis (2 institutions), de Hong Kong (2 institutions), du Liban, du Mexique, de l’Ouganda, du Royaume-Uni et de la Slovaquie de se passer volontairement de tous médias pendant 24 heures. 

Résultats : 50 % d’entre eux n’ont simplement pas été capables de se « débrancher » pour une journée et une nuit.  Pour la majorité, indépendamment du pays, le téléphone cellulaire est l’outil par lequel ils organisent leurs vies en plus de constituer une source de réconfort psychologique et même physique (« a swiss army knife AND a security blanket »).  Sans lui, ils vivent de l’anxiété, de la dépression et même de la solitude du fait de ne pas être rattachés à leur réseau d’amis.  L’appareil est devenu une extension d’eux-mêmes, alors d’en être séparés leur donne l’impression d’être incomplets.  Par ailleurs, si un nombre important de participants se demandait quoi faire du temps et de la disponibilité ainsi récupérés, d’autres ont apprécié redécouvrir la qualité des rapports humains directs.  Enfin, lorsqu’on leur demande s’ils pensent changer leur comportement suite à l’expérience vécue pendant l’étude, ils répondent souhaiter être libérés de l’emprise de cette « connex-addiction » mais n’en être pas capables tant ils définissent ainsi leur rapport au monde.

La question demeure : l’apprentissage universitaire doit-il passer par les cellulaires, plate-forme devenue incontournable, ou doit-il avoir lieu dans un espace séparé, permettant la réflexion et la prise de distance ?

McGill : les classes favorisant l'enseignement actif - rétroaction d'enseignants
Le droit à l'oubli dans Internet, selon la juridiction française

Exprimez-vous !

*