Population étudiante universitaire en croissance malgré une baisse démographique attendue

Étonnamment, même si on sait que le nombre démographique des 18 à 21 ans est appelé à diminuer de 10 % environ durant la prochaine décennie, on estime qu’il est très réaliste de voir en parallèle la population étudiante universitaire augmenter approximativement de 14 % pendant la même période, soit de 1,3 % par année.

En effet, Herb O’Heron, directeur de la recherche et de l’analyse des politiques à l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), croit que « la démographie ne fait pas foi de tout ». Il est certain que la diminution du nombre global des jeunes aura un impact sur le nombre de demandes d’admission. Par ailleurs, on constate que plus d’étudiants sont intéressés par des études universitaires, car il a été démontré, chiffres à l’appui, que les offres d’emploi sont de plus en plus nombreuses pour ces diplômés et qu’elles sont bien rémunérées.

Donc, on s’attend à ce que d’ici 2020, 125 000 étudiants à temps plein s’ajoutent aux 900 000 déjà inscrits en 2010. « Pour obtenir une telle croissance, les taux de fréquentation universitaire chez les 18 à 21 ans devront passer de 25 à 28 pour cent. Selon M. O’Heron, cet objectif peut certainement être atteint. « Nos estimations sont prudentes. Nous avons formulé des prévisions de ce type dans de précédents rapports Tendances et, chaque fois, nos objectifs les plus optimistes ont été dépassés. » »

Autre facteur de stimulation des effectifs : le taux de scolarité des parents. Puisque plus de parents détiendront un diplôme universitaire, ils seront plus en mesure d’influencer leurs jeunes à poursuivre des études jusqu’à ce niveau. « La proportion des parents titulaires d’un diplôme universitaire a presque quadruplé au cours des 20 dernières années, et elle devrait croître encore. » De plus, « la moitié des adultes s’établissant au Canada sont titulaires d’un diplôme universitaire, et ils s’installent généralement dans les régions urbaines. Tous ces facteurs sont reliés. »

Enfin, on observe que le nombre d’étudiants internationaux a triplé depuis 15 ans pour représenter 90 000. Si le Canada continue de maintenir sa part de marché, il accueillera 45 000 nouveaux étudiants d’ici 2020.

La seule ombre au tableau reste la véritable capacité d’accueil des universités elles-mêmes. Si elles continuent de souffrir de sous-financement et que les frais de scolarité n’augmentent pas de façon significative, il peut arriver que les universités doivent limiter leur nombre d’inscriptions et que la qualité de l’enseignement en souffre également.

Source : CHARBONNEAU, Léo, « Malgré le déclin démographique, la population étudiante continuera de croître », Affaires universitaires, mai 2011, p. 31.

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Commentaires

  1. Jean-Sébastien Dubé a écrit:

    « Par ailleurs, on constate que plus d’étudiants sont intéressés par des études universitaires, car il a été démontré, chiffres à l’appui, que les offres d’emploi sont de plus en plus nombreuses pour ces diplômés et qu’elles sont bien rémunérées. »
    Attention, d’autres études tendent à démontrer que les diplômés universitaires travaillent en deça de leurs compétences. Voir : http://www.ssfudes.com/veille/leveilleur/?p=5478

    (Ce qui ne veut pas dire que leur diplôme ne leur a pas aidé à décrocher un emploi à rémunération supérieure, seulement qu’ils sont surscolarisés pour les besoins du marché.)

    • Sylvie a écrit:

      Le rapport _Tendances_ auquel fait référence Léo Charbonneau « mentionne que le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires a plus que doublé entre 1990 et 2009, passant de 1,9 à 4,2 millions. De plus, pendant cette période, ces diplômés ont vu leur avantage salarial augmenter par rapport à ceux qui possèdent un diplôme d’études collégiales ou moins. » Il est donc possible que les diplômés universitaires soient surscolarisés par rapport au premier emploi qu’ils obtiennent, mais il reste qu’ils ont tout au moins une meilleure probabilité de se trouver un emploi et que celui-ci sera mieux rémunéré que s’ils avaient un diplôme collégial par exemple. Par la suite, on peut imaginer qu’ils seront également mieux outillés pour observer le marché du travail et se trouver possiblement un autre emploi qui tient compte de leurs véritables compétences. Ils auront une latitude de mobilité professionnelle que des personnes moins scolarisées n’auront pas facilement.
      Source : même article de Léo Charbonneau que celui en cours.

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