Réflexions sur la « productivité personnelle » : le mythe du « multitasking »

Un de mes intérêts majeurs de la dernière année est la productivité personnelle : comment peut-on accomplir la somme des tâches qui découlent de nos responsabilités et de nos engagements, tout en vivant de façon équilibrée? Jason Fried publait récemment un article sur le blog collectif de 37signals où il constatait un retard accumulé dans son travail. Pour lui, la seule solution viable est alors d’éviter de se disperser : trois tâches par jour, une seule à la fois, minimiser les sources d’interruptions. Toute tentative de travail sur plus d’une tâche à la fois est vouée à l’échec selon lui.

Fried a publié à quelques reprises à ce sujet dans le passé. Il disait notamment qu’il encourage ses employé et lui-même à travailler en misant sur l’objectif plutôt que sur les heures de travail quotidiennes. Il préfère un employé qui travaille 6 heures par jour, 4 jours par semaine, sans interruptions multiples, aux heures qui lui conviennent et qui livre la marchandise; plutôt qu’un employé qui est là de 8 à 5 tous les jours mais coincé dans une routine qui le freine et le démotive. Selon Fried, la rareté des heures de travail créée par une semaine de 4 journées de travail courtes favorise une utilisation appropriée de ces heures et tend à réduire ou à éliminer la procrastination. C’est peut-être vrai pour Fried (qui est propriétaire d’une entreprise de design et de services d’applications Web reconnue), intrinsèquement motivé et pour qui les résultats à atteindre sont tangibles. Mais est-ce réaliste dans les grandes organisations? Dans d’autres types d’emplois?

À mon avis, la clé est de tendre vers l’idéal du singletasking le plus possible et de s’en approcher continuellement, même si on ne peut pas toujours l’atteindre à cause de contraintes hors de notre contrôle. Plus on s’en rapproche, plus les avantages manifestes vont nous encourager à continuer.

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Commentaires

  1. Rachel Hébert a écrit:

    Quelle belle leçon pour nous tous!:)
    La formation que j’avais suivie sur la gestion du temps il y a quelques années avec l’APAPUS nous enseignait exactement la même chose :
    – Regrouper les tâches de même type (ex. réserver un temps pour lire ses courriels plutôt que les lires au fur et à mesure qu’il arrivent) est plus efficace que de s’éparpiller;
    – Réserver des plages horaires où on ne sera pas dérangé favorise la concentration pour un travail;
    – Planifier sa semaine ou son mois, même si ça a l’air de prendre du temps sur le coup, nous fait épargner bien du temps;
    – On perd plus de temps que l’on croit lorsqu’on est interrompu par des téléphones, courriels, collègues, ou à chercher nos papiers : on perd en plus du temps à se replonger dans notre travail et à retrouver notre concentration.

  2. Gabrielle Gagnon a écrit:

    J’ai suivi la même formation sur la gestion du temps et depuis que je mets en pratique ces principes, je me porte beaucoup mieux!

    Nous vivons dans une espèce de culture de l’urgence et ce n’est pas très sain… comment mener des projets de longue haleine si l’accent est mis sur ce qui se trouve sur le dessus de la pile…

    En plus, quand on se disperse dans plusieurs tâches, on est davantage enclin au découragement et à l’épuisement.

    Bref, apprenons à nous discipliner et à travailler efficacement, une tâche à la fois.

  3. Article intéressant paru sur le blogue du magazine Discover aujourd’hu:

    http://blogs.discovermagazine.com/80beats/2009/08/25/multitaskers-are-bad-at-multitasking-study-shows/

    La recherche semble donc démontrer que le « multitasking » est surévalué… mais je n’abandonnerai quand même pas la pratique de sitôt!

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