Le SSF a testé le logiciel de détection de plagiat Compilatio

À l’automne 2010, le vice-rectorat aux études a demandé au SSF d’évaluer le logiciel de détection de similitudes (de plagiat) Compilatio.  Marc Couture et Sonia Morin ont fait des tests et voici la teneur de l’avis qu’ils ont formulé au vice-rectorat aux études.

Le logiciel Compilatio fait un travail honnête de détection de similitudes mais uniquement dans le texte.  Son utilisation requiert beaucoup de temps des enseignants et, conséquemment augmente la tâche associée à l’évaluation des travaux.

Le recours à un logiciel de détection de similitude peut donner au personnel enseignant un sentiment de maîtrise (de contrôle) sur l’originalité des travaux qui lui sont remis; son utilisation leur demandera toutefois beaucoup de temps.

Le recours à un logiciel de détection peut entraîner diverses pratiques non désirables :

  • persistance de pratiques pédagogiques qui gagneraient à être revisitées en cette nouvelle ère du numérique,
  • règlement des cas de plagiat dans le seul bureau du personnel enseignant (potentiel d’iniquité dans le traitement et les sanctions, fausses accusations);
  • augmentation des plaintes à la protectrice des droits étudiants; augmentation des cas à traiter par les responsables disciplinaires;
  • exigence de soutien technique (gestion des comptes, formation des utilisateurs…) et pédagogiques.

Il est à noter que l’utilisation d’un logiciel de détection ne saurait à lui seul enrayer le plagiat, qui est une conséquence de la non-attribution des sources.

Comme institution de formation, l’Université a le devoir de PRÉVENIR, FORMER, TENIR COMPTE de la réalité numérique et PRIVILÉGIER la relation pédagogique entre le personnel enseignant et les étudiants.

Le succès de toute lutte anti-plagiat passe par une vision institutionnelle intégrée à laquelle toute la communauté universitaire adhère parce qu’elle est significative et partagée.

Il importe que la définition de ce que constitue du plagiat, la règlementation qui s’y rattache, les procédures et son traitement fassent l’objet d’un consensus institutionnel.

La lutte anti-plagiat doit être visible et ses moyens réunis en un lieu institutionnel unique, comme un site Web (voir Université de Montréal, UQAM,  UQTR, Concordia, McGill, Ottawa…).

Cet avis a été partagé au groupe de travail de la CREPUQ sur le plagiat en vue de la préparation du sondage auprès des utilisateurs actuels et passés de logiciels de détection de similitudes et du groupe de travail avec ces utilisateurs.  (Voir article La CREPUQ souhaite se faire une tête…)

Les étudiants du renouveau pédagogique réussissent bien leur entrée au collégial
La CREPUQ souhaite se faire une tête sur les logiciels de détection de similitudes (Turnitin, Compilatio)

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