Surproduction de diplômés Ph.D. : nouveau cri d’alarme

Surproduction de Ph.D.

The Economist publiait le 16 décembre 2010 un article sur les diplômés de doctorat recherche : The disposable academic – Why doing a PhD is often a waste of time.  L’article a généré plus de 2000 tweets, ce qui porte à croire que la question préoccupe beaucoup de gens. 

On y apprend, entre autres, que le nombre de doctorats décernés par les pays de l’OCDE entre 1998 et 2006 a augmenté de 40%.  Des pays comme le Mexique, le Portugal, l’Italie et la Slovaquie ont connu les hausses les plus marquées.  Il semble bien que les universités ont réalisé qu’il est payant d’avoir des doctorants : ils sont très motivés, ils font de la recherche et ils enseignent contre une maigre rétribution, comme le souligne l’auteur, qui compare la le salaire d’un auxiliaire d’enseignement  (20K$) à celui d’un professeur (109K$).   Bien que l’article n’en fasse aucune mention, on sait que le financement d’étudiants inscrits à des programmes de doctorat constitue une source de revenus non négligeable, entre autres, dans les systèmes éducatifs comme celui de Québec.

The Economist constate que la production de Ph.D. a dépassé la capacité des universités à les recruter comme professeurs et que les universités ne donnent aucun signe de leur compréhension de la dynamique de l’offre et de la demande en matière de « production » de Ph.D. et ce, notamment en matière de carrières universitaires.    

In a recent book, Andrew Hacker and Claudia Dreifus, an academic and a journalist, report that America produced more than 100,000 doctoral degrees between 2005 and 2009. In the same period there were just 16,000 new professorships. Using PhD students to do much of the undergraduate teaching cuts the number of full-time jobs. Even in Canada, where the output of PhD graduates has grown relatively modestly, universities conferred 4,800 doctorate degrees in 2007 but hired just 2,616 new full-time professors. Only a few fast-developing countries, such as Brazil and China, now seem short of PhDs.

Le propos n’est pas nouveau : il y a déjà plus d’une décennie que des experts sonnent l’alarme, mais les universités continuent de  développer des programmes de doctorat et de recruter des étudiants.   De plus, l’article reconnaît que la situation des doctoratns en quête d’un poste en milieu universitaire se répercute au niveau de certains stages postdoctoraux, une autre situation également décriée depuis un bon moment.

Pour quiconque désire mieux comprendre ce qui se passe au niveau du doctorat, cet article est excellent : il offre une analyse en profondeur de la situation des doctorants et des postdoctorants, appuyée de nombreuses données chiffrées.  Il consitute un nouveau cri d’alarme…  Mais qui écoute?

Article : The disposable academic – Why doing a PhD is often a waste of time.  Dec 16th 2010 | from PRINT EDITION of The Economist.

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