Surqualification de nos diplômés québécois

En janvier 2011, le site Internet du Capres (Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur) publiait un article de Bruno Hubert, étudiant à la maîtrise en pratiques de recherche et action publiques de l’INRS, intitulé Le phénomène de la surdiplomation au Québec.  On y apprend que la population québécoise est de plus en plus scolarisée, comme en fait foi le graphique suivant.

Graphique 1
Répartition de la population, selon le diplôme obtenu, Québec, 1976-2006


Source : MEQ.  Indicateurs de l’éducation, 200
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L’auteur rapporte toutefois que le marché du travail ne semble pas en mesure d’intégrer tous ces diplômés à la hauteur de leur diplôme; ces derniers devant parfois accepter un emploi en deça de leurs compétences.  On dit alors qu’ils sont surdiplômés.  Mais qu’entend-on par surdiplomation?  Voici le tableau de l’article qui répond à cette question :

Tableau 1
Type de définitions sur la surdiplomation et leurs explications
Types de définition   Noms   Explications
   Objective    Approche objective des concordances réalisées   L’« approche objective des concordances réalisées » se structure à partir du niveau moyen de qualification requis à l’intérieur de la profession. Le chercheur doit calculer le nombre d’années de qualification acquis par l’individu afin de le mettre en comparaison au niveau moyen effectif. Par exemple, un travailleur est surdiplômé lorsqu’il possède une maîtrise et que ses collègues de travail ont  en moyenne un baccalauréat.
     
   Approche objective de l’analyse du poste de travail   L’« approche objective de l’analyse du poste de travail » compare le niveau de qualification actuel du travailleur et le niveau de qualification requis par l’emploi défini par des analystes d’emplois. Au Canada, la Classification nationale des professions (CNP) regroupe et classifie les professions par niveau de compétences scolaires requises. Par exemple, un travailleur est surdiplômé lorsqu’il possède une maîtrise, mais que la CNP avait estimé, en termes de compétences, un baccalauréat pour ce même poste de travail.
       
 Semi-Subjective    Approche Subjective   L’« approche subjective » résulte de la production d’entrevues avec les travailleurs. Les employés doivent répondre à une question leur demandant s’ils considèrent leur formation adéquate en fonction des tâches qu’ils ont à accomplir. La réponse obtenue permet de classifier le répondant.

Sources : MONTMARQUETTE, Claude et Laure Thomas (2003) ; VULTUR, Mircea (2006).

Cet article, clairement issu des recherches de maîtrise de l’étudiant, comporte les défauts de « jargonnage » propre aux premiers écrits dans le langage scientifique d’une discipline, ce qui rend sa lecture laborieuse.   Mais il comprend quelques éléments intéressants sur les causes et les effets de la surdiplomation et mentionne un rapport sur la mobilisation des connaissances sur la surdiplomation.

Retenons que l’analyse de Hubert a révélé que […] la surdiplomation concernait en 2008 près de 28 % des travailleurs québécois. De même, le diplôme connaît une perte de vitesse comme indicateur de compétences (Vultur, 2007). L’information fournie par le diplôme aux recruteurs est trop équivoque pour que ceux-ci misent exclusivement sur les compétences académiques de son détenteur dans le processus de sélection de la main-d’œuvre.

Hubert note que […] le nombre de diplômés universitaires croît plus rapidement que le nombre d’emplois professionnels disponibles.  Il  est donc question d’instertion professionnelle réussie et à n’en pas douter, le marché du travail n’est pas toujours prêt à accueillir nos diplômés.  Et le phénomène s’amplifie avec les diplômés au doctorat.  Voir l’article sur la Surproduction de Ph.D.

Surproduction de diplômés Ph.D. : nouveau cri d'alarme
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