Médias sociaux et gestion du changement dans les universités: révolution ou évolution?

Le blogueur Tony Bates rapportait un article paru le 25 janvier dernier sur le site The Chronicle of Higher Education, où il est question des médias sociaux et de leur utilisation dans un contexte d’enseignement universitaire ainsi que de la difficulté à amener l’enseignant à réaliser le potentiel présenté par ces outils.  Dans le cadre d’une rencontre des membres du Professional and Organizational Development Network in Higher Education, constitué d’enseignants, d’administrateurs, de consultants et d’autres professionnels valorisant la qualité dans l’enseignement centré sur l’apprentissage des étudiants, des équipes ont exploré la problématique rencontrée par les acteurs voulant provoquer un changement dans les pratiques pédagogiques et ce, par l’intégration des technologies.  Parmi les idées qui ont émergé de cette séance, notons:

  • L’accès à l’information a complètement changé et est aujourd’hui grandement facilité par les technologies: la principale difficulté réside dans l’évaluation critique de cette information.
  • Un changement de paradigme où l’apprenant est davantage actif peut être illustré par des expérimentations impliquant l’utilisation de médias sociaux: un exemple avec Twitter a été présenté, où une enseignante d’histoire à l’Université du Texas à Dallas a utilisé l’outil afin de faciliter les échanges et les discussion en grand groupe.
  • Plusieurs grands industriels et penseurs ont à maintes reprises présenté des arguments en faveur de changements à apporter au système actuel d’enseignement à l’université.

En parallèles à ces constats, les groupes ont identifié les défis suivants:

  • Les membres du corps professoral ont peu confiance aux technologies;
  • Ces derniers ont besoin de prendre connaissance d’exemples d’utilisation judicieuse des technologies avant d’en considérer l’utilisation en classe;
  • Il y a un sentiment de perte de contrôle lorsqu’on évoque le passage à un enseignement centré sur l’apprentissage des étudiants plutôt que sur les intérêts de l’enseignant;
  • L’intégration des technologies n’est pas priorisée dans le développement professionnel des enseignants;
  • La culture d’ouverture, nécessaire à l’essai de technologies, est déficiente ou carrément absente parmi les membres du corps professoral;
  • On a l’impression que les technologies ne contribuent pas suffisamment à un apprentissage significatif chez l’étudiant (« deep learning »).

Et enfin, ces mêmes intervenants en sont arrivés à des suggestions de réponses à ces défis:

  • Faciliter l’enseignement centré sur l’apprentissage des étudiants: encourager la création d’un plan de développement individuel; repenser l’organisation physique des salles de classe de façon à encourager les échanges.
  • Partager les exemples d’utilisation efficiente des technologies: établir un système de mentorat, dams lequel des enseignants intéressés à expérimenter seraient aassociés à des enseignants ayant déjà vécu une expérience semblable; recruter des étudiants afin de faciliter une utilisation plus étendue des différentes technologies disponibles (par exemple, un outil de présentation novateur comme Prezi).

Ces réflexions sont fort intéressantes et pourront servir à notre propre réflexion en marge du plan d’action stratégique de notre institution.

Source: Bates, Tony. Social media in higher education and barriers to change. 29 janvier 2011.

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