Les liseuses seraient-elles « trop faciles » à lire?

Le résultat d’une étude effectuée en 2010 et publiée par la revue Cognition intitulée « Fortune Favors the Bold (and the Italicized): Effects of disfluency on educational outcomes » (format PDF) refait surface suite à la popularité croissante des liseuses, notamment le Kindle de la compagnie Amazon.  L’étude en question,  financée par l’Université Princeton, suggérait que la lisibilité accrue du texte affichée par une liseuse, souvent présentée par ses adeptes comme ayant l’avantage de rendre la lecture plus confortable et agréable par rapport à d’autres supports, aurait un effet négatif sur la mémorisation d’information.  Dans une entrevue accordée à la chaîne BBC la semaine dernière, le blogueur Jonah Lehrer, qui s’intéresse au domaine des neurosciences, expliquait que l’effort requis pour lire du texte manuscrit ou imprimé sous forme de polices de caractères qui rendraient la lecture plus difficile activerait des zones différentes du cerveau humain: une lecture active et où la conscience du lecteur serait davantage sollicitée viendraient donc faciliter la rétention chez le lecteur.

Quoique cette étude ait été effectuée auprès d’un échantillon réduit de participants (28, âgés entre 18 et 40 ans) et qu’il faudra certainement voir si ces résultats se répètent auprès d’autres populations, il y a de quoi se questionner ici: dans un contexte où un enseignant voudrait intégrer l’utilisation de livres numériques en soutien à l’apprentissage chez les étudiants participant à une activité pédagogique, doit-il considérer l’impact du médium sur les objectifs pédagogiques?  Poser la question, c’est y répondre.

Sources: « E-Readers ‘too easy’ to read », The Telegraph, 13 janvier 2011; Princeton study shows that easy fonts make things harder to remember, Engadget, 17 janvier 2011.

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