Rapport 2010 de l’OCDE : état des profonds changements vécus en éducation

L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) vient de publier un rapport en 2010 sous le titre Les grandes mutations qui transforment l’éducation. C’est la réédition en français d’un ouvrage publié en anglais en 2008, mais avec une mise à jour des données et une extension des indicateurs.

L’objectif visé par cette publication est de rendre ainsi disponibles aux acteurs de l’éducation « une source d’informations fiable et générique pour étayer la planification stratégique et stimuler la réflexion sur les défis auxquels doit faire face le secteur éducatif à tous les niveaux d’enseignement (écoles, universités ou encore programmes de formation continue) ».

« Les grandes mutations qui transforment l’éducation (pdf) se compose de cinq parties principales :

  1. Les dynamiques de la mondialisation
  2. Les nouveaux défis sociaux
  3. Un monde du travail en pleine mutation
  4. Le nouveau visage de l’enfance
  5. TIC : la nouvelle génération. »

« Environ 27 thématiques différentes sont abordées dans l’ouvrage. Chacune est illustrée par des figures et se clôt par un encart qui présente à titre suggestif des questions soulevées pour le secteur éducatif par les différents phénomènes décrits ainsi que les tendances observées ». Le point central du rapport est  la mondialisation, synonyme d’élargissement, d’approfondissement et d’accélération des échanges par-delà les frontières nationales.

En effet, on constate que l’enseignement supérieur a considérablement augmenté et s’est internationalisé dans les pays membres de l’OCDE.  Le taux de jeunes inscrits aux études supérieures a plus que doublé dans de nombeurx pays. En parallèle, le nombre d’étudiants internationaux a rapidement augmenté. On ne peut en principe que s’en réjouir puisque cet apport de connaissances favorise la prospérité, la santé et le bien-être individuels, mais dans les faits, plusieurs jeunes se retrouvent surqualifiés et ne trouvent pas d’emploi à la hauteur de leurs études.

Les TIC, davantage présentes à la maison qu’à l’école

« Le chapitre 5 du présent ouvrage est consacré entièrement aux technologies de l’information et de la communication, analysées à la loupe éducative. »

Alors que les statistiques présentent un accès croissant, voire quasi-universel à l’informatique dans le cadre familial, « les données disponibles sur le nombre et l’utilisation des ordinateurs scolaires indiquent que les TIC n’ont pas fondamentalement transformé l’environnement éducatif ni les méthodes pédagogiques employées. Dans les pays de l’OCDE, le fossé numérique ne se situe plus au niveau de l’accès à l’outil, mais de la capacité à s’en servir et à tirer parti des opportunités qu’il offre ». C’est pourquoi il apparait évident que  l’école a un rôle important à assumer pour combler ce fossé en intégrant les TIC au processus d’apprentissage.

De plus, la multiplication des téléphones mobiles et autres appareils portables amènent un questionnement sur les manières d’enseigner et d’évaluer les connaissances acquises. « De nombreux élèves peuvent surfer sur Internet à l’aide d’appareils portables compacts, ce qui leur offre des possibilités infinies d’accès à l’information et de communication ». On peut se demander si la présence en classe est encore pertinente, à quel point et à quel moment de l’apprentissage. Est-ce que des établissements d’enseignement supérieur qui ne peuvent suivre le changement des TIC au même rythme que d’autres vont s’en trouver beaucoup désavantagés? Est-ce que la connaissance du langage HTML, par exemple, va devenir un incontournable pour permettre à des jeunes d’être à leur tour créateurs de contenu dans le cadre d’une approche participative et collaborative lors de leur formation? Comment les enseignants peuvent-ils réussir à rester à jour devant le flot immense d’informations en circulation sur le Web? Comment peuvent-ils développer le jugement critique de leurs élèves par rapport à tout ce qu’ils trouvent, lisent et utilisent à partir d’Internet? En bref, beaucoup de questions qui n’ont pas encore pour l’instant de réponses concrètes, mais dont la réflexion se poursuivra, il est certain, par de nouvelles observations colligées à travers les pays de l’OCDE. On peut déjà prévoir une mise à jour de ce rapport dans deux ans vraisemblablement.

Source :

GUEMADJI-GBEDEMAH, Tété Enyon. « Le monde change, l’éducation se transforme », publié dans Thot Cursus du 20 décembre 2010.
Organisation pour la coopération et le développement économique, Les grandes mutations qui transforment l’éducation, Éditions OCDE, 2010.

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