Les cours en ligne : seront-ils reconnus?

Un entrefilet paru dans University World News a de quoi faire sursauter : plusieurs universités américaines ne reconnaîtraient pas d’équivalence pour des cours universitaires suivis en ligne.

On comprend à la lecture de l’article que certaines universités ne reconnaissent pas d’équivalence dans le cas de cours où la présence en classe peut effectivement avoir un impact considérant l’importance de la rétroaction directe de l’enseignant sur la « performance » de l’étudiant (par exemple des laboratoires, des cours d’expression orale, en arts visuels ou en arts de la scène). L’article rapporte d’ailleurs les justifications invoquées par l’université de Californie pour expliquer ces restrictions:

“Online visual and performing arts courses will not be approved because it is difficult for students taking online courses to experience the required performance component of performance arts courses and/or replicate the expected portfolio component of visual arts courses. UC faculty believes that performance is a necessary component of any performance arts course. Whether it is a course in band, choir, drama, dance, or painting/drawing the immediate feedback and coaching of an instructor (eg, adjusting the toe point of a dancer, correcting the musical intonation of a student musician, advising greater voice projection for a student actor, or demonstrating correct technique for a student artist) is a critical and necessary component of any course. »

Mais d’autres visent plus large et incluent des cours de mathématiques ou de sciences, à propos desquels les réserves sont moins claires.  À titre d’exemple la mention de l’École de pharmacie de l’université du Wisconsin, qui se veut on ne peut plus large : « « All prerequisite science courses must be taken in a classroom setting. »

En lien avec ce désaveu de la valeur de la formation en ligne, l’article rapporte les conclusions d’un sondage mené auprès des professeurs de collèges et d’universités qui révèle que 70% d’entre eux considèrent les cours en ligne comme étant moins efficaces que la formation en face-à-face. Même en considérant uniquement les cours offerts par des professeurs, près de la moitié des répondants considèrent toujours la formation en ligne moins efficace.

L’article relève en conclusion un problème de taille : on ne spécifie habituellement pas sur les relevés de notes si le cours a été suivi en ligne ou en classe, ce qui entraîne que la discrimination ne touche que les établissements « tout à distance » et non les universités offrant les deux modes de formation.

Source: John Richard Schrock, “US: Marks from online courses being rejected”, University World News, no 142, 3 octobre 2010

Une expérience de travail collaboratif avec des étudiants en génie: bilan de mi-parcours
Former de futurs professionnels à l’utilisation responsable des réseaux sociaux

Commentaires

  1. Ça ressemble drôlement à la protection de marché ici. Certaines institutions sentent la soupe chaude venant de la part de compétiteurs qui réussissent à recruter davantage d’étudiants, et veulent maintenant limiter le mouvement de ces derniers…

  2. echamberland a écrit:

    J’ai assisté à une webconférence de la TELUQ le 1er novembre où plusieurs intervenants ont exprimé une frustration quant au fait qu’encore en 2010, plusieurs personnes dans les milieux universitaires considèrent à tort la formation à distance comme de la formation de moindre qualité, sans égard aux formules pédagogiques, aux types d’apprentissages ou à la qualité de la démarche. Bien sûr, il suffit d’un mauvais exemple pour que les sceptiques se sentent confirmés dans leur croyance. La FAD de qualité est alors discréditée à tort, et la mauvaise réputation non méritée se perpétue.

  3. Catherine Vallières a écrit:

    Dans le cadre d’un numéro spécial de The Chronicle of Higher Education portant sur la formation en ligne, on présente une série de données portant sur la perception des professeurs quant à ce mode de formation. Les conclusions du tableau « How Faculty Members Rate Online Courses vs. Traditional, Face-to-Face Interaction » sont éloquentes; le dénigrement de la formation en ligne provient principalement de professeurs qui n’en ont jamais fait.

    Je comprends donc la frustration des intervenants de la Téluq, qui traîne encore aux yeux de certains l’étiquette de « l’institution qui offre des cours par correspondance ». C’est dommage, car ils offrent effectivement certains cours en ligne qui feraient l’envie de nos institutions.

Exprimez-vous !

*