Pédagogique

Sexy syllabus!

Nous sommes quotidiennement soumis à des centaines d’images toutes plus séduisantes les unes que les autres. Par contre le texte, à peine plus long qu’un slogan publicitaire, doit rivaliser d’ingéniosité pour nous accrocher plus que quelques secondes – un peu ce que j’essaie régulièrement de faire en rédigeant ces dépêches… Ce déséquilibre d’attention entre l’image et le texte est encore plus criant chez la jeune génération.

Alors comment peut-on espérer amener les personnes étudiantes à lire le syllabus de notre cours? Y a-t-il un moyen de rendre notre syllabus attirant, désirable voire sexy, autre que de le truffer d’images? Comment faire en sorte que les personnes étudiantes s’évitent des erreurs et des errances pourtant bien circonscrites dans notre syllabus? C’est ce que nous propose le professeur Randy Laist, enseignant au Goodwin College.

Traditionnellement, le premier cours d’une session est consacré à la visite guidée du syllabus avec les personnes étudiantes. En présence, les questions les plus fréquentes émergent naturellement. La nouvelle réalité des cours en ligne change quelque peu la donne. Il n’y a pas toujours de temps prévu pour une visite guidée et les demandes de précisions ne sont pas légion en ligne. Il arrive aussi qu’on se fie un peu trop sur la présence de notre syllabus sur la plateforme numérique de l’institution.

Le quiz à la rescousse
Pour inciter vos personnes étudiantes à lire votre syllabus et en comprendre les principaux points, posez-leur 4 ou 5 questions quiz qu’ils devront répondre individuellement ou en équipe. Entendons-nous, il ne s’agit pas d’évaluer leur habileté à retracer de l’information dans un texte, mais bien de faire ressortir les questions importantes et permettre aux personnes étudiantes de demander des précisions.

Randy Laist revoie régulièrement ses questions quiz qui gravitent habituellement autour de celles-ci :

  • Quand le premier devoir doit-il être rendu ?
  • Combien de commentaires devez-vous poster dans le forum chaque semaine ?
  • Comment devez-vous soumettre vos travaux ?
  • Quelle est la politique de remise des devoirs en retard pour ce cours ?
  • Quand pouvez-vous contacter votre personne enseignante?
    [Traduit avec DeepL, nos ajustements]

On peut soumettre ces questions avec des choix de réponses – surtout lorsqu’on se trouve dans un mode asynchrone – mais il est encore mieux de faire répondre les personnes étudiantes oralement. Le but étant de faire émerger dans la tête de la personne étudiante l’utilité du syllabus. Et, jusqu’à un certain point, de lui fournir l’occasion de se construire une organisation mentale du contenu du syllabus, qui devient alors une source d’information et non un simple document administratif.

Sans doute n’a t-on pas le réflexe de penser à un syllabus de cours lorsqu’on entend le mot sexy. Mais peut-être y a-t-il une place pour le syllabus dans notre plaisir à enseigner. À vous de me le dire.

Source: Laist, R., Prevent Student Errors with a Self-Paced Syllabus Quiz, Faculty Focus, 24 juin 2022.

Apprendre à fermer les yeux et fermer les yeux pour apprendre
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À propos de l'auteur

Daniel Genest

Daniel a longtemps été occupé à analyser et concevoir des formations tous azimuts. Il essaie aujourd'hui de faire connaître ses découvertes pédagogiques aux personnes formatrices à la recherche de solutions concrètes.

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