Pédagogique Tendances sociétales

Apprendre à fermer les yeux et fermer les yeux pour apprendre

Notre compréhension du monde transite beaucoup par notre sens de la vue. Et pourtant, il arrive que nos yeux nous sortent de nous-mêmes et nous fassent manquer le plus important : le moment présent. Certaines personnes affirment que nous avons, par les temps qui courent, un grand besoin de compassion et de présence à l’autre. Est-ce que tout cela pourrait se produire… et par surcroît dans nos classes?

Kristin Rousch enseigne la psychologie au New Mexico Community College. Elle pratique la pleine conscience pour elle-même et avec les personnes étudiantes. Elle y trouve une foule d’utilités qu’elle résume ainsi :

La pleine conscience consiste à prêter attention à ce qui se passe maintenant, au moment présent. Une pratique de la pleine conscience peut élargir cet espace pour permettre des choix plus conscients plutôt que des réactions irréfléchies. Cette prise de conscience peut améliorer la concentration mentale et les performances scolaires. La pleine conscience semble mystérieusement cultiver l’équilibre émotionnel, la gentillesse et la compassion. Ces qualités améliorent le processus d’apprentissage.

Traduit avec DeepL.com

La pleine conscience en classe peut toutefois générer plusieurs bénéfices. Nous avions d’ailleurs présenté quelques idées d’application de la pleine conscience que Rousch suggérait dans une de nos précédentes dépêches. Dans son article, Rousch nous fait entrevoir, par de simples techniques d’animation, comment les personnes étudiantes peuvent expérimenter la pleine conscience.

Utilisez une pause dramatique dans votre discours
Alors que vous êtes en plein exposé magistral, faites une pause de trois ou quatre secondes avant d’aborder un point important dans votre discours. Regardez les personnes étudiantes, et lorsque vous avez toute leur attention, enchaînez. Ces brefs moments où l’attention de tous se focalise font émerger le moment présent. À utiliser tout de même avec une certaine retenue pour ne pas en faire un tic de langage.

Refermez le cercle des pensées
Lorsque vous êtes en présentiel et que les personnes étudiantes discutent en équipe, stoppez leur travail si les membres sont assis côte à côte plutôt qu’en cercle autour d’une table. Faites-leur remarquer comment ils se sentent dans les deux situations avec des questions comme celles que Rousch proposent :

  • [Lorsqu’assis en ligne] Vérifiez en vous-même et remarquez le flux d’énergie de la conversation pendant que vous étiez tous assis en ligne droite. A quel point vous sentez-vous mal à l’aise assis aux deux extrémités ? Et à quel point est-ce gênant d’être assis au milieu ?
  • [Lorsqu’assis en cercle] Comment vous sentez-vous ? Vous sentez-vous plus inclus ? Vous sentez-vous plus équilibré ? L’énergie est-elle maintenant capable de se déplacer en cercle de manière équilibrée ?

Faites signer autrement
Une autre façon de faire prendre conscience de nos automatismes et par conséquence de notre inconscience du moment présent est de faire circuler une feuille de présence et de demander de la signer avec sa main non dominante (de la gauche pour une personne droitière et de la droite pour la personne gauchère). L’effort conscient que cela demande alors pour la personne la place invariablement dans le moment présent. Comparer les deux situations – signer avec la main dominante et non-dominante – met aussi en conscience le contraste.

Toutes ces petites occasions en classe permettent aux personnes étudiantes d’expérimenter la pleine conscience sans avoir à s’asseoir parterre en tailleur avec les mains pointées vers le ciel et récitant un mantra. Sans doute pourrez-vous en trouver d’autres.

Source: Rousch, K., Everybody Present: Mindfulness in the Classroom, Faculty Focus, 26 novembre 2021.

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À propos de l'auteur

Daniel Genest

Daniel a longtemps été occupé à analyser et concevoir des formations tous azimuts. Il essaie aujourd'hui de faire connaître ses découvertes pédagogiques aux personnes formatrices à la recherche de solutions concrètes.

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