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Pourquoi les hommes sont de moins en moins nombreux à fréquenter l’université ?

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Ma veille en lien avec la réussite étudiante m’amène parfois à explorer des avenues inédites. Un article portant sur le sujet en titre m’a interpellé alors que je cherchais plus d’information concernant les effets de la pandémie sur la persévérance aux études. Selon un sondage récemment effectué aux États-Unis par la National Student Clearinghouse, le nombre total d’inscriptions masculines a diminué de 8,9 % entre le printemps 2020 et le printemps 2021, avec des baisses de 18,4 % chez les membres des peuples autochtones, de 14,3 % chez les Noirs et de 12,6 % chez les Latinos. Ces données sont liées à une baisse importante des inscriptions au premier cycle, alors que paradoxalement une hausse de 4,6 % a été observée dans les programmes menant à l’obtention d’une maîtrise ou d’un doctorat. La disparité entre les sexes dans les inscriptions dans les universités à but non lucratif a atteint en quatre ans un niveau record, les femmes dépassant les hommes de 61 % dans ce secteur.

Cette baisse spectaculaire des inscriptions masculines soulève des questions sur la trajectoire prise par les hommes ainsi que sur l’impact de ce choix sur la formation postsecondaire et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée dans un contexte généralisée de pénurie dans différents secteurs de l’économie. Un nombre croissant d’hommes décident de ne pas s’engager dans la voie des études universitaires et, qui plus est, décrochent davantage du marché du travail. Pour ceux qui travaillent, le fait de ne pas avoir en poche de diplôme de niveau universitaire signifie gagner un salaire moindre et l’exposition à un risque plus élevé de périodes de chômage que leurs pairs ayant complété leurs études.

Cette tendance à la désaffection des étudiants masculins risque d’inverser les progrès en matière d’augmentation des taux de diplomation aux études supérieures, notamment parmi les membres des populations noires et latino, deux groupes qui constituent aujourd’hui les segments de la population en âge de fréquenter l’université dont la croissance est la plus rapide mais qui démontrent un taux inférieur d’inscription et de diplomation.

Que font les universités américaines pour renverser la vapeur?

  • Elles utilisent beaucoup une stratégie visant à effectuer des interventions ciblées afin de mieux accompagner les étudiants en difficulté. Par exemple, elles offrent un soutien financier, ainsi que des services d’accompagnement, le plus souvent sous forme de tutorat.
  • Elles emploient une autre stratégie qui consiste à mettre en place des initiatives pour éliminer les disparités en matière de réussite des étudiants masculins. Par exemple, elles proposent des programmes de subventions pour le corps professoral qui permettent de financer des échanges informels entre étudiants et professeurs avec des groupes d’hommes issus de minorités.
  • Des rencontres informelles axées sur des sujets d’actualité tels que le développement de carrière, l’image de marque personnelle et la justice réparatrice sont aussi offertes par différentes institutions.

À lire!

Source: Baldasare, Angela. What’s Going on Here, Guys?, Inside Higher Ed, 22 novembre 2021.

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1 commentaire

  • Bonjour Marc,
    Nous surveillons cette problématique de près au PRESE et nous avons mandaté Sylvain Bourdon et Eddy Supeno pour faire une recension de littérature et une analyse statistique de la persévérance des hommes en enseignement sup dans les 5 établissements de Sherbrooke.
    Je leur ai transféré ton article. N’hésite pas à me tenir informée si tu attrapes d’autres études dans ta veille.
    Merci!
    Sophie Vincent

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