Réviser un cours : examiner la cohérence entre objectifs et moyens d’évaluation

Une dimension souvent escamotée dans le développement d’un cours : la cohérence entre les objectifs et les moyens d’évaluation. L’article suivant présente les résultats d’une recherche qui documente la révision d’un cours sous cet angle.  L’objectif de l’équipe de chercheurs était de vérifier, dans un cours de base en biologie offert simultanément à plusieurs groupes, la cohérence entre les objectifs du cours et les mécanismes d’évaluation des apprentissages en place.  Pour ce faire, les chercheurs se sont appuyés sur une approche basée sur les données probantes et ont utilisé la taxonomie de Bloom (version traditionnelle) pour analyser l’écart entre les deux.  Ils en sont arrivés à quelques recommandations pratiques:

  • Réviser la formulation des objectifs, pour mieux traduire ce qui était effectivement mesuré
  • Réduire le nombre d’objectifs visés et recentrer le cours autour d’un objectif de plus haut niveau
  • L’idée d’objectifs laissés au choix du formateur (le même cours était offert simultanément par plusieurs enseignants)

J’ai trouvé intéressant de constater que sans appliquer une méthode aussi systématique que celle-ci, j’en arrivais à un constat similaire lorsque j’accompagnais le développement de cours en ligne.  Avant même de commencer à parler développement de contenu, on devait effectivement travailler (parfois longtemps) à reformuler les objectifs, en réduire la portée, en identifier un ou deux sur lequel mettre l’accent.  La nécessité de « produire » au préalable l’ensemble des contenus disponibles en ligne (par opposition à un cours en classe où le professeur livre sa matière oralement d’une semaine à l’autre) rendait cette dimension d’autant plus critique, les contenus pouvant difficilement être ajustés en cours de route.

Mais au-delà des particularités de la formation en ligne, je me demande si ce problème n’est pas largement répandu, dans des cours construits par des experts d’un domaine qui mettront naturellement l’accent sur tout ce qu’ils ont à dire sur le sujet.  Cette idée rejoint par ailleurs les propos tenus par Ruth Rodgers  dans le cadre de sa conférence « What to Teach When There Isn’t Time to Teach Everything » le 26 août dernier.  Pour elle, le recentrage du cours autour de ces objectifs « essentiels » était la clé pour ramener le contenu d’un cours à un niveau… réaliste.

Source : Angie O’Neill, Gülnur Birol et Carol Pollock, “A Report on the Implementation of the Blooming Biology Tool: Aligning Course Learning Outcomes with Assessments and Promoting Consistency in a Large Multi-Section First-Year Biology Course”.  The Canadian Journal for the Scolarship of Teaching and Learning, vol. 1, no 1, 2010.  http://ir.lib.uwo.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=1010&context=cjsotl_rcacea

Les télévoteurs ("clickers") et leur impact sur l'apprentissage
Qu'est-ce que le « evidence-based education »?

Commentaires

  1. Ces difficultés sont effectivement généralisées, du moins c’est mon expérience dans les programmes et activités dans lesquels j’ai été impliqué. Les moyens d’évaluation sont trop souvent le résultat d’un effort de dernière minute, avec peu de lien tissés entre les outils utilisés (tests, travaux écrits, etc) et les objectifs de départ. C’.est assez ahurissant comme constat, mais il y a certainement ici un champ d’intervention intéressant pour nous.

Exprimez-vous !

*