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Intégrité académique : faire confiance aux enseignantes et enseignants

L’article de Simon Delattre détonne dans le lot de nouvelles relatives à la fraude académique depuis le début de la pandémie.  D’abord, par son titre qui fait état d’une posture positive dissonante : l’Université de Moncton fait confiance à ses étudiantes et étudiants pour la question de la fraude dans les examens.  En soi, c’est déjà beaucoup. 

Mais en lisant l’article, on se rend compte que l’Université de Moncton fait également confiance à ses enseignantes et enseignants pour qu’ils abandonnent les examens à haut potentiel de tricherie au profit de modalités d’évaluation moins “dangereuses” comme les examens à questions ouvertes ou à développement, la réalisation de projet(s), les études de cas, les synthèses, les oraux à distance*. 

Pour des examens à choix multiples en ligne, il est possible d’apporter des ajustement à leurs paramètres pour favoriser un comportement intègre : recourir à la randomisation des questions et des choix de réponses, à la génération aléatoire des questions à partir d’une banque de questions existantes…**. Toutefois, le Sénat académique a accepté d’interdire certaines restrictions aux examens, comme l’imposition d’un très court laps de temps pour répondre à chaque question et le blocage du retour en arrière pour modifier des réponses, car ces mesures aggravent le stress et l’anxiété des étudiantes et étudiants, déjà exacerbés par la pandémie. 

Cette sensibilité à l’état psychologique des étudiantes et étudiants a également été  prise en compte dans la décision de l’Université de Moncton de ne pas recourir aux logiciels espions pour la surveillance d’examens à distance.  Mélanie Roy, gestionnaire de la Direction des technologies et des technologies de l’apprentissage, croit qu’Il faut trouver un juste milieu :  « On doit limiter le plagiat, mais ces outils (les logiciels espions) peuvent aussi augmenter le niveau de stress des étudiants qui ne trichent  pas.  C’est une intrusion dans la vie privée des gens.  Il y a une question éthique derrière ça. »

L’Université de Moncton a donc choisi la voie de la sensibilisation, autant pour les personnes enseignantes que pour les personnes étudiantes.

Faire confiance, c’est aussi faire preuve de bienveillance.

* Voir à cet effet la fiche pédagogique produite par le SSF : Prévenir la tricherie chez les étudiantes et étudiants en étant créatif dans son enseignement et ses évaluations Word | PDF

** Voir à cet effet le document produit par le SSF : Évaluation certificative avec les activités Devoir et Test de Moodle. Le SSF offre également la formation Soutenir l’intégrité académique (évaluation avec Moodle).

Sources

Delattre, Simon.  Examens et fraude : l’UdeM fait confiance à ses étudiantsAcadie Nouvelle.  18 février 2021.

(Sans auteur) COVID-19 : nouvelles des universités canadiennes – 22 février 2021Affaires universitaires.  Article mis à jour constamment.

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Sonia Morin

Sonia Morin

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