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Littératie visuelle : pour décoder les images numériques

Chaque fois que je vois le nom de Divina Frau-Meigs, je vais à sa rencontre dans le texte, dans les propos… C’est que cette professeure des sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 prône l’éducation au multimédia et la translittératie, comme il en a déjà été fait mention ici et ici dans l’Éveilleur. Et c’est encore ce qu’elle fait dans cette entrevue menée par Aurélie Djavadi pour The Conversation France en abordant la question du décodage de l’image numérique.

L’image est universelle en ce qu’elle est directe, immédiate, séductrice…  Un seul coup d’œil suffit pour capter et retenir notre attention.  Mais l’image a changé avec le numérique : aujourd’hui, il est possible de transformer une image, de la pixeliser, de lui incruster du texte, de l’incorporer dans un texte ou une vidéo.  Ce changement a conduit à une nouvelle nécessité : celle de décoder les images dites numériques.

Pour Divina Frau-Meigs, le décodage de ce design complexe de contenu multimédia exige des compétences en littératie visuelle pour comprendre comment on fabrique de l’information et de la désinformation avec l’image.  La littératie visuelle, c’est apprendre à décrypter une image dans le numérique, c’est-à-dire d’abord à l’ancienne décoder l’image : le degré de réalité, la dénotation, le contexte, l’iconicité, les plans, etc. mais aussi tout ce que l’image numérique permet de faire : des comparaisons, des inversions, de décrypter les images frelatées, y compris les « deep fakes ».

La professeure Frau-Meigs mentionne deux outils pour aider à comprendre ce qui se cache sous les images dans le monde numérique et à prendre conscience des biais cognitifs qui influencent notre perception des images :

  • Google Reverse Image, qui permet de remonter à l’image d’origine par comparaison et par similarité,
  • InVID, qui joue un rôle similaire pour les vidéos, et pour les images aussi. 

L’éducation à l’image n’a pas encore réussi à prendre sa place aux côtés de la formation par le texte : elle lui est toujours secondaire.  Pour Frau-Meigs, il y a nécessité de créer une rencontre, un travail collaboratif complémentaire entre les opérateurs qui travaillent sur la presse écrite et ceux qui travaillent sur l’art, la chanson, le cinéma, l’image animée, car il n’est plus possible de le nier : nous sommes désormais dans une logique multimédia, multimodale qui a complexifié le monde de l’information.

Ce qui se passe en France se passe également ici au Québec : nous serions un petit peu schyzophréniques sur le texte et l’image… 

Source – Djavadi, Aurélie.  Décrypter l’info sur écran, ça s’apprend!  Entrevue avec Divina Frau-MeigsThe Conversation France.  18 février 2021. 

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Sonia Morin

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