Pédagogique Tendances sociétales

Savoir rédiger : une compétence essentielle à développer pour briser le plafond de verre

Cette opinion du professeur d’histoire Steven Mintz à l’Université du Texas à Austin rejoint une conviction que j’ai et que j’essaie de faire partager…

Pour ma part, je suis convaincu que l’incapacité d’écrire de manière claire, convaincante et analytique crée un plafond de verre qui entrave non seulement la réussite universitaire d’une étudiante ou d’un étudiant mais également son avancement professionnel une fois sur le marché du travail. Si nous ne parvenons pas à aider nos étudiants à écrire efficacement, nous avons peut-être manqué à notre plus grande responsabilité. (traduit par Deepl puis ajusté)

Les universitaires se plaignent souvent de la piètre qualité des textes étudiants mais ils ne considèrent pas que le développement des compétences rédactionnelles de leurs étudiantes et étudiants leur revient. C’est ce que dit également Goldschmidt (2008), faculty members see neither their courses nor their discipline as places where students might do that learning. Mais elle ajoute dans le même article que [o]ur students’ writing reflects the degree to which they are capable of “doing the analytical work of the discipline” and thus teaching a discipline’s genre is teaching the discipline.

Dans sa dépêche, Minsk propose au personnel enseignant trois stratégies pour les soutenir dans l’enseignement de l’écriture sans forcément alourdir leur tâche ou nuire à l’enseignement de leur discipline.

  1. Organiser des rétroactions et des ateliers entre pairs – Cette stratégie repose sur l’élaboration d’une grille d’évaluation critériée pour juger de la qualité d’un travail d’écriture, grille qui sera remise aux étudiantes et étudiants afin qu’ils puissent comprendre quels sont les ingrédients d’un texte efficace dans leur discipline.  Il s’agit, dans un premier temps, de permettre la collaboration pour le travail de génération d’idées en vue de la réalisation du travail.  Puis, dans un second temps, une fois le travail de rédaction terminé, on demande aux étudiantes et étudiants de se donner des rétroactions sur leur travail respectif à partir des critères de la grille.
  2. Utiliser les outils technologiques pour soutenir la rédaction – On peut encourager les étudiantes et les étudiants à recourir à divers logiciels de correction et de révision de textes mais Minsk recommande en plus d’intégrer en classe des activités de révision de texte mal ficelés ou, mieux encore, de créer des séances d’entraînement à la révision et à la réécriture en ligne.  On parle ici de travailler sur des textes reliés à la discipline afin de bien faire saisir aux étudiantes et étudiants que la rédaction se fait en contexte et que les qualités d’un bon texte (clarté, concision, précision…) permettent au lectorat de bien comprendre ce quoi il est question.    
  3. Faire du développement des compétences rédactionnelles une compétence transversale qui touche tout le programme d’études – Selon Minsk tous les universitaires sont des rédacteurs professionnels et tous connaissent les conventions de genre rédactionnel dans leurs champ disciplinaire; ils ont le devoir de trouver comment intégrer la rédaction comme un élément clé de leurs cours.  Il donne son propre exemple d’Intégration.

J’ai fait de l’écriture un élément majeur de mon cours d’enquête sur l’histoire des États-Unis, qui compte 1 451 étudiants. Chaque semaine, les étudiants doivent écrire un minimum de 400 mots dans une réponse formelle à un document de source primaire et à d’autres formes de preuves matérielles, sonores ou visuelles (y compris des pierres tombales, des annonces d’esclaves fugitifs et des exemples de mode et de coiffures historiques).

Mes étudiantes et étudiants reçoivent-ils une rétroaction individualisée suffisante ? Non. Chaque texte soumis est-il noté ? Non. Mais chaque semaine, mes étudiants reçoivent une rétroaction générale et chaque semaine, la session de travail en petits groupes se concentre sur un aspect spécifique de l’écriture historique :

  • construire un argument;
  • évaluer les preuves (pour l’auteur, le public, l’authenticité, le parti pris ou la perspective, et la fiabilité);
  • cadrer et structurer un argument;
  • intégrer des citations et des données dans une argumentation;
  • rédiger avec clarté, concision et en mettant l’accent sur les acteurs et l’action.(traduit avec Deepl puis ajusté)

Minsk termine sa dépêche en mentionnant un ouvrage qu’il considère brillant et qui est l’oeuvre d’un professeur d’histoire: Guide to Historical Writing. On trouve des exemples de demandes de travaux universitaires inspirés des écrits que les historiennes et historiens en emploi doivent produire :

  • traiter d’un sujet qui n’a jamais été abordé auparavant,
  • combler une lacune dans une théorie,
  • déboulonner un mythe,
  • enrichir une interprétation existante,
  • participer à un débat en cours en recadrant l’enjeu ou en posant ou en posant de nouvelles questions,
  • utiliser une étude de cas pour éclairer une question plus large ou ébranler les idées reçues.

Plus les exercices de rédaction sont contextualisés, plus les étudiantes et les étudiants y trouveront du sens et s’y engageront.

Sources

Mintz, Steven.  Next-Generation Writing Instruction. Blog Higher Ed GammaInside Higher Ed. 24 novembre 2020.

Goldschmidt, Mary.  Teaching Writing in the Disciplines : Student Perspectives on Learning GenreTeaching & Learning Inquiry, Volume 2, Issue 2, pp. 25–40, 2014.

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À propos de l'auteur

Sonia Morin

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