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Enseigner en comodalité : un défi de flexibilité!

Enseigner, peu importe l’environnement physique ou technologique, demeure un savant mélange de science et d’art. Enseigner en comodalité, lorsqu’une partie de ses étudiantes et étudiants se retrouvent en présence et l’autre à distance (Teams, Zoom ou autre), exige une souplesse pédagogique toute particulière.

C’est ce que nous relate dans son article Maria Bergstrom, enseignante à la Michigan Technological University. Bien qu’elle cumule plusieurs années d’expérience tant en présentiel qu’en ligne, cette enseignante s’est rapidement remise en question lors de son expérience d’enseignement en comodalité (hyflex). C’est surtout le phénomène de “portes tournantes” de ce type de formation – où l’apprenant peut à sa guise assister au cours en présence ou à distance – qui l’a déstabilisée.

Son article a attiré mon attention parce que Bergstrom assimile l’enseignement en comodalité à un nouveau genre littéraire. Un peu comme si on avait l’habitude d’écrire des pièces de théâtre et que, tout à coup, il fallait s’adresser à un auditoire friand de slam. C’est donc plus d’une souplesse communicationnelle dont elle nous parle que d’une compétence technologique. Elle nous livre ici ses principaux constats.

Partager différemment
Toute formation possède un minimum de documentation. Un recueil de cours, des articles de référence ou des exercices à compléter. La comodalité nous incite à utiliser un lieu virtuel commun pour déposer et faire évoluer ces documents. Autant pour ceux et celles en présence qu’à distance.

Accueillir différemment
Prendre la peine de saluer toute personne qui arrive physiquement ou virtuellement dans votre cours semble aller de soi, mais ce simple geste permet à chacun de se sentir accueilli. De cette manière, on évite de créer deux groupes de participants : des actifs en classe et des observateurs passifs en ligne.

Gérer les sous-groupes différemment
Plusieurs plateformes de formation en ligne permettent la création de groupes de travail (ex. les canaux dans Teams). Impliquer tous les apprenants en présence et à distance peut vite devenir un casse-tête à moins de leur fournir les mêmes paramètres de fonctionnement. On peut, par exemple, créer un sous-groupe de travail pour les étudiantes et étudiants en présence au même titre que ceux et celles en ligne. Les apprenants en présentiel pourront se regrouper pour travailler dans un même espace physique mais pourront noter leurs constats et résultats de travail en ligne.

Intervenir différemment
En présence, faire le tour des équipes de travail lors d’un exercice est chose courante. La comodalité demande à ce titre un peu plus de préparation. On peut, par exemple, employer une plateforme collaborative comme Teams pour superviser le travail de chacune des équipes et voir où ils en sont. Bien entendu, il est possible que vous n’ayez pas la même agilité à le faire et que certaines équipes n’aient pas bénéficié de votre présence. Dans ce cas, on peut aussi planifier plus de temps pour le retour en grand groupe et permettre aux équipes de poser leurs questions tant sur l’exercice que sur les notions qu’il concerne.

Prendre contact différemment
N’hésitez pas à investir 5-10 minutes avec chacun, chacune de vos étudiantes et étudiants. Dialoguer, même par Zoom ou Teams, ne serait-ce que pour savoir comment ils vivent ce mode d’apprentissage, vous permettra de créer et garder le contact avec ceux et celles qui partagent – au moins le temps d’une session – votre passion pour votre domaine.

Source – Bergstrom, Maria, Teaching HyFlex: It’s a Genre Problem, Faculty Focus, 25 novembre 2020.

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À propos de l'auteur

Daniel Genest

Daniel a longtemps été occupé à analyser et concevoir des formations tous azimuts. Il essaie aujourd'hui de faire connaître ses découvertes pédagogiques aux personnes formatrices à la recherche de solutions concrètes.

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