Pédagogique Technologique

Conception de simulations: les éléments dont il faut tenir compte

Ces articles rédigés par Élodie Lestonat – maintenant enseignante spécialisée à l’Université de Bretagne Sud – pour le Thot Cursus commencent à dater un peu, Cependant, comme les trois premiers touchent de grands principes et des étapes de production, ils restent fort actuels. Le dernier, qui donne des exemples d’outils de simulation, est sans doute celui qui a le moins bien vieilli.

1ère partie: des définitions et des rappels de la raison d’être des simulations

L’article débute en rappelant les forces des simulations, soit qu’il s’agit de situations quasi-réelles et qu’elles favorisent l’engagement des étudiantes et étudiants: « Les apprenants sont donc plongés en situation « immersive », l’apprentissage reposant sur une implication directe des apprenants qui de par leurs choix conditionnent le résultat final.»

« L’approche utilisée par la simulation est essentiellement constructiviste (Jean Piaget 1964) puisque c’est par une action d’exploration et de mise en pratique (virtuelle) que l’apprenant met en oeuvre son apprentissage. C’est donc par son action propre, par une suite d’étapes successives, par la construction de structures mentales logiques, qu’il est à même d’assimiler de nouvelles connaissances et de les appliquer à un environnement différent. »

L’auteure précise la différence entre simulations et jeux sérieux: « La simulation est davantage adaptée au grain pédagogique car il s’agit de mettre en pratique une compétence ou une capacité précisément identifiée dans la présentation du module alors que les jeux sérieux font aujourd’hui de plus en plus appel à plusieurs habiletés.»

Lestonat propose de classer les simulations par degré de complexité d’interaction: de la simulation unique (one shot simulations) aux microcosmes (microworlds) en passant par l’apprentissage par l’exemple (Learn by example simulations).

2e partie: quatre phases du schéma narratif d’une simulation basé sur le story-telling

Lestonat fait reposer son article sur l’idée que le story-telling serait en quelque sorte un récit plus pragmatique: « Le storytelling va plus loin que la seule narration car le storytelling s’inscrit dans le réel, propose un déroulé d’évènements en prise avec la réalité, suscite des choix autant qu’il provoque l’émotion. Les simulations utilisées dans le cadre d’une formation se doivent donc de reposer sur un storytelling efficace. » Je reste sceptique quant à ce postulat.

Les quatre phases de l’écriture d’une simulation seraient donc: La situation initiale, l’élément perturbateur, les éléments de résolution, la situation finale. « Les rebondissements sont volontairement supprimés afin d’éviter de perdre l’apprenant dans des circonvolutions qui ne servent en rien la formation et qui tendent à perdre de vue l’objectif d’apprentissage de la simulation. »

Elle ajoute ce conseil pratique qui m’apparaît fort utile:
« …[L]a démarche d’écriture suppose de modifier leur ordre [des quatre phases] pour assurer leur articulation logique. Ainsi, il est nécessaire de partir tout d’abord de la situation finale (donc des objectifs d’apprentissages visés) avant de déterminer les éléments de résolutions à retenir. Ensuite faut-il  s’intéresser à la problématique ? Il est préférable de reprendre la situation initiale car bien souvent la problématique ne peut être cohérente que si la situation initiale est bien construite. De la même manière poser solution et éléments de résolution avant la situation initiale permet de donner un éclairage à l’écriture de cette dernière et de s’assurer que tous les éléments sont présents à ce stade. »

3e partie: décors, personnages, dialogues et sons pour plus de réalisme

Pour plus de réalisme, Lestonat suggère de travailler avec des spécialistes rompus au terrain:
« …[S]i la simulation a pour vocation de proposer une expérimentation d’une situation professionnelle qu’elle soit dans la manipulation d’outils, la mise en œuvre de process, de procédures ou encore l’intégration de techniques relationnelles, il est indispensable qu’elle s’inspire au plus près de la réalité. En conséquence, les choix des décors, des personnages, des dialogues et des sons doivent être pensés et élaborés en lien avec les professionnels du secteur et les experts en la matière. »

Elle rappelle le réalisme saisissant que permettent les logiciels facilitant le développement de simulations, le plus souvent basés sur des engins de jeux vidéos. Elle donne notamment l’exemple d’outils de simulation utilisés dans le monde militaire: « Grâce aux avancées technologiques des images de synthèse et 3D popularisés par les jeux vidéo, les décors proposés permettent désormais de proposer des univers au réalisme impressionnant. Les dispositifs de simulation stratégique intègrent ainsi civils, éléments géologiques, météo, passages en obscurité pour évoluer sur une zone de combat. »

Le développement d’un avatar pour l’apprenant ainsi que les différents personnages qu’il rencontrera présentent certains défis particuliers:
« Attention il ne s’agit pas de construire un personnage de roman, doté d’une histoire et d’opinions, mais bien un personnage cinématographique, qui ne pourra créer l’engagement des apprenants qu’à la condition de créer un déséquilibre, une appréhension face à l’action. »

Au-delà des images, il ne faut pas négliger l‘environnement sonore:
« [Les sons] font partie intégrante du décor qui n’est plus seulement visuel mais aussi auditif. Ceci peut agir sur les réflexes et la prise de décisions. De la même manière, les simulations portant sur des situations médicales d’urgence nécessitent aussi de prendre en compte l’environnement sonore comme un élément agissant sur l’analyse de la situation et influant sur la prise de décision. »

Sources:

Lestonat, Élodie, « Concevoir des simulations en formation – 1ère partie : éléments généraux », Thot Cursus, 5 octobre 2014

Lestonat, Élodie, « Concevoir des simulations en formation – 2e partie : le storytelling », Thot Cursus, 12 octobre 2014

Lestonat, Élodie, « Concevoir des simulations en formation – 3e partie : le story-board », Thot Cursus, 20 octobre 2014

Lestonat, Élodie, « Concevoir des simulations en formation – 4e partie : exemples et perspectives », Thot Cursus, 26 octobre 2014

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Jean-Sébastien Dubé

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