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COVID-19 : coup dur pour la mobilité étudiante

La pandémie de COVID-19 qui sévit partout sur la planète a bouleversé le système d’éducation de nombreux pays à travers le monde. Selon le professeur Simon Marginson, directeur du Center for Global Higher Education, il pourrait s’écouler au moins 12 mois avant que la situation redevienne normale pour l’enseignement supérieur. Quant à la mobilité étudiante, cinq ans pourraient être nécessaires avant une reprise complète. 

La pandémie risque de durer plus longtemps en Europe et en Amérique du Nord en raison de la nécessité de réduire le nombre de cas et d’éviter l’engorgement des hôpitaux (ce qu’on appelle communément « réduire la courbe »). Cependant, alors que les économistes prédisent une possible réduction de 10 % du PIB mondial, ce sont les pays émergents d’où proviennent de très nombreux étudiants internationaux, comme l’Asie du Sud, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Népal et l’Afrique subsaharienne, qui risquent de subir le plus grand impact tant au niveau économique qu’au niveau de la santé. La mobilité étudiante hors de ces pays risque donc de se faire moins fréquente pour les prochaines années. 

C’est dans les pays anglophones, habitués d’accueillir autant d’étudiants internationaux que leurs politiques de visas le permettent, que la mobilité étudiante sera la plus affectée. En effet, si jusqu’à récemment les étudiants étaient nombreux à vouloir étudier à l’étranger et que les établissements d’enseignement supérieur pouvaient sélectionner les meilleurs candidats, la situation sera inversée pour les prochaines années : « Dans un avenir proche, la situation va basculer vers un marché d’acheteurs, où nous devrons nous disputer les étudiantes et étudiants internationaux pour les quelques années à venir », mentionne Simon Marginson. La sécurité sanitaire pourrait également devenir un critère très important dans le choix de la destination d’études pour les étudiants qui souhaiteront partir étudier dans un autre pays. 

Puisque l’Asie de l’Est se rétablit de la pandémie plus rapidement sur le plan médical, les étudiants qui souhaitent vivre une expérience d’études à l’étranger risquent davantage de se tourner vers cette région, au détriment de l’Amérique du Nord, de l’Europe occidentale, du Royaume-Uni et de l’Australie, des régions habituellement prisées par les étudiants internationaux. Ces dernières devront offrir une meilleure expérience étudiante afin de continuer à attirer les étudiants internationaux.

En réaction à la crise, nombreux sont les établissements qui ont décidé d’offrir leur enseignement en ligne. À ce sujet, Simon Marginson prétend que cette situation pourrait durer encore jusqu’en 2021. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que l’enseignement en présentiel soit de retour dans tous les établissements pour la nouvelle année universitaire, qui débutera à la fin de l’été 2020. Alors que certaines institutions conserveront leurs cours en ligne, d’autres retourneront progressivement à l’enseignement en présentiel, ce qui permettra notamment aux étudiants internationaux de vivre pleinement leur expérience à l’étranger et de s’intégrer réellement à leurs nouveaux environnements. 

Source : Mitchell, N. (26 mars 2020). Five years to recover global mobility, says IHE expertUniversity World News.

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Annabelle Jomphe

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