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COVID-19 : conséquences sur la mobilité internationale

Le COVID-19 se propage rapidement partout sur la planète et ses effets se font de plus en plus sentir et ce, pas seulement dans le milieu de la santé. En effet, les acteurs de l’enseignement supérieur mondial commencent à se demander si la propagation du coronavirus pourrait avoir des conséquences sur le recrutement étudiant international. 

Environ 5,3 millions d’étudiantes et d’étudiants étaient inscrits dans un établissement à l’extérieur de leur pays d’origine en 2017. De ce nombre, plus du quart venaient de l’Asie de l’Est et de la région du Pacifique. Cependant, avec le COVID-19 qui se répand à une vitesse fulgurante, la mobilité étudiante risque d’être affectée. En effet, de nombreux étudiants risquent de reporter leur projet d’études à l’étranger, alors que ceux et celles qui sont présentement aux études dans un autre pays seront possiblement frappés par des restrictions de déplacement. 

Selon Anna Esaki-Smith, cofondatrice et directrice générale du bureau d’études Education Rethink, « si la propagation du COVID-19 se produit exactement comme celle du SRAS, il pourrait y avoir une baisse de 8,4 % des étudiants chinois sortants au cours des deux prochaines années […]. » En se basant sur les données de l’Unesco pour 2017, cela signifierait près de 80 000 étudiants étrangers de moins aux États-Unis, 35 000 de moins au Royaume-Uni et 30 000 de moins en Australie. La perte de revenus pour ces trois pays seulement pourrait alors se chiffrer à environ 3,5 milliards de dollars. Et c’est sans considérer les pertes relatives aux dépenses des étudiants étrangers dans leur pays d’accueil, comme la nourriture, l’hébergement et les activités.

Les étudiants qui souhaitent partir étudier à l’international à l’automne 2020 devront bientôt prendre une décision. Est-ce qu’ils hésiteront à investir dans des études à l’étranger à cause du COVID-19? Une chose est sûre, la crainte actuelle qui sévit à cause du coronavirus risque, au mieux, de retarder le projet d’études à l’étranger de plusieurs d’entre eux. D’autres pourraient simplement renoncer à l’idée.

Cela dit, si le COVID-19 risque de restreindre la mobilité physique des étudiants internationaux, il reste la possibilité de faire des études à l’étranger grâce aux nouvelles technologies. De nombreuses universités offrent déjà certains cours ou programmes en ligne, qui sont ouverts aux étudiants étrangers. Ces institutions sont donc moins à risque de souffrir des impacts du COVID-19. Janet Ilieva, fondatrice et directrice d’Education Insight, souligne à cet effet que 
« [b]ien que s’orienter davantage vers l’enseignement en ligne ou à distance ne soit clairement pas un substitut à l’expérience du campus, cela pourrait fournir un coussin temporaire aux étudiants jusqu’à ce que les choses se normalisent. »

Source :

Baker, S. (8 mars 2020). Global higher education set to count cost of coronavirus outbreakThe World University Rankings.

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À propos de l'auteur

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Annabelle Jomphe

Annabelle est étudiante en communication appliquée, incluant un cheminement coopératif en marketing, à l'Université de Sherbrooke et stagiaire à USherbrooke International.

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