Quand la compétition est un frein au progrès de la formation à distance

Malheureusement, à trop vouloir bien faire et performer chacun dans leur coin, les établissements d’enseignement canadiens semblent perdre du terrain en matière de formation à distance. C’est ce que rapporte le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) en écrivant dans un rapport sur L’état de l’apprentissage virtuel au Canada : « le Canada peine à intégrer pleinement l’apprentissage virtuel à son système éducatif. Le CCA pointe trois raisons majeures à cela : 

  • Le manque d’investissement politique;
  • L’absence de vision globale et commune;
  • Le peu de collaboration entre les différents secteurs investis dans l’apprentissage. »

En effet, le départage d’un même bassin de clientèle étudiante dans une province, voire dans une région donnée, entraîne un isolement de chaque lieu d’enseignement. Voulant se démarquer et espérant ainsi attirer le plus grand nombre d’étudiants, chacun d’entre eux développe individuellement des méthodes d’enseignement distinctes, souvent aussi sur des plateformes d’apprentissage différentes. Résultat : on perd beaucoup de temps « à réinventer « sa » roue », alors que s’il y avait un minimum de collaboration, idéalement un consortium, le même montant d’argent, investi de part et d’autre, fera plus rapidement avancer le développement technologique pour le bienfait de tous. Dans le fond, c’est un problème similaire à ce que vivent actuellement les divers centres de recherche.   

Pour limiter le retard et convaincre les uns et les autres que l’union les sert mieux qu’ils ne le croient, il faudra peut-être un incitatif ministériel offrant une bonification de fonds à des établissements d’enseignement qui acceptent de collaborer pour mettre au point des formations à distance qui utilisent des supports communs et des approches complémentaires tout en maintenant un curriculum distinct de cours et de programmes, dans l’esprit d’une offre concurrentielle.   

« À ce jour, le Canada ne dispose d’aucune approche détaillée et cohérente pour aligner l’immense potentiel de l’apprentissage virtuel à une définition clairement formulée et informée de ce qui peut ou devrait être fait. L’apprentissage virtuel au Canada consiste plutôt en des réseaux provinciaux, territoriaux et fédéraux, des établissements d’enseignement (publics et privés) et des initiatives ciblées faiblement interreliés. Parmi les conséquences de cette approche, on relève des efforts qui se chevauchent, des buts et des objectifs fragmentés et des initiatives sporadiques et à court terme. » 

 « De nombreux pays de l’OCDE, notamment ceux de l’Union européenne, mettent en place des stratégies nationales et supranationales d’apprentissage virtuel dynamiques pour soutenir leurs politiques et leurs programmes plans d’action en matière d’apprentissage virtuel de la plupart des pays sont le fruit de décisions gouvernementales, par l’entremise de ministères, de conseils de fonds publics ou de comités multiministériels, et se traduisent en initiatives assorties d’un important financement public. »

« Pour que le Canada réussisse, un cadre cohérent visant à définir le développement de l’apprentissage virtuel, et sa pertinence dans la conception et la mise en oeuvre de politiques sociales et économiques, doit être fondé sur certaines conditions favorables à l’apprentissage. Des efforts sont nécessaires dans quatre domaines principaux : créer un engouement multisectoriel, définir une vision commune de l’apprentissage virtuel à l’échelle du pays, canaliser le potentiel des technologies afin de répondre aux besoins des apprenants et combler les lacunes dans le domaine de la recherche. » 

  Tous, gouvernements provinciaux et fédéral, entreprises et indutries, monsieur et madame Tout-le-monde, seraient gagnants à travailler ensemble pour développer une approche davantage concertée de formation à distance qui aiderait à l’économie canadienne. De fait, en formant des gens, où qu’ils soient, non pas seulement capables d’utiliser les nouvelles technologies de façon conventionnelle, mais aussi pour qu’ils augmentent leurs compétences, on maintient le pays dans le peloton de tête pour l’appropriation des technologies de la communication et de l’information.

Source de ce commentaire : Article de FOURNIER, Marie-France. Le Canada, champion de la formation à distance. Pour combien de temps?, dans Thot Cursus, du 22 juillet 2010. 
Cette source inclut également le rapport pdf de Réseau Éducation-Médias, La littératie numérique au Canada, de l’inclusion à la transformation, mémoire présenté dans le cadre de la consultation – Stratégie sur l’économie numérique du Canada, du 7 juillet 2010.

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