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Cette somme de données qui n’attendent que d’être cueillies, exploitées… par la science des données

Nous produisons, créons, semons des données à un rythme fou et souvent inconscient. En anglais, cette production de données se nomme datafication . La linguiste que je suis comprends très bien la construction lexicologique du mot datafication : -fication signifiant création, donc création de data (ou données).  Wikipedia définit la datafication comme une tendance technologique qui transforme de nombreux aspects de notre vie en données qui sont ensuite transférées en informations réalisées comme une nouvelle forme de valeur. Kenneth Cukier et Victor Mayer-Schöenberger ont introduit le terme Datafication dans le lexique plus large en 2013. (traduit par Google)

L’Office québécois de la langue française (OQLF) déconseille l’utilisation du vocable datafication et recommande l’expression mise en données, qu’elle définit comme la captation de données reliées à une activité en vue de leur exploitation.  Pas très accrocheuse, comme expression. Reste à voir qui, de l’usage ou de la norme, imposera le terme pour traduire cette réalité.

Ce qui s’impose clairement par contre, c’est l’importance que les universités accordent à cette science des données, notamment au niveau de la recherche.  C’est du moins ce que l’on peut mesurer en lisant l’article de Sharon Aschaiek paru dans Affaires universitaires, qui fait état de quelques réalisations d’universités canadiennes.

  • UBC – L’Institut de science des données (DSI – Data Science Institute), créé en 2015 par Raymond Ng, réalise des recherches en biomédecine pour comprendre, diagnostiquer et traiter le cancer, la maladie d’Alzheimer, la maladie pulmonaire obstructive chronique et l’autisme.  Une autre recherche porte sur la transmission de la tuberculose. De plus, le DSI organise une « école d’été » intitulée Data science for the social good (la science des donnée au service du bien collectif).  Pendant 14 semaines, 16 étudiants de tous les cycles collaborent avec des organismes publics en vue de résoudre des problèmes sociaux et environnementaux  par l’application de techniques d’analyse des données.  Jusqu’ici, les projets ont visé à aider les régies de l’énergie à mieux répondre aux besoins des collectivités autochtones, à orienter la stratégie des municipalités en matière de véhicules électriques et à améliorer l’accessibilité des données sur la biodiversité.
  • Université de Waterloo – Le Laboratoire de science des données (DSL – Data Science Lab) du Département des sciences de la gestion, fondé par Lukasz Golab en 2015, concentre ses recherches sur le développement durable et, depuis peu, sur l’égalité des sexes et la santé publique et ce, dans une perspective de bien collectif.  M. Golab est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en analytique de données pour la durabilité. Il étudie des façons d’utiliser l’infrastructure intelligente et l’analytique des données pour réduire la consommation d’eau et d’énergie et accroître l’adoption de technologies vertes.
  • Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal – L’Institut de valorisation des données (IVADO), fondé conjointement par les trois établissements en 2016 et soutenu financièrement par le fonds d’excellence en recherche Apogée Canada, s’est donné pour mission de mettre en contact des chercheurs en science des données et des industriels.  À Montréal, en intelligence artificielle : IVADO relie six centres de recherche et une vingtaine de partenaires du milieu universitaire avec une centaine d’entreprises, d’établissements et d’organismes gouvernementaux.  À l’international, 1 400 scientifiques en analyse des données, en apprentissage automatique et en recherche opérationnelle ont pu travailler ensemble.  Il y a présentement à IVADO 43 projets de recherche fondamentale auxquels des étudiants participent (liens entre l’intelligence artificielle et neuroscience, efficacité énergétique et médecine personnalisée) et 250 projet en collaboration avec le milieu industriel  visant à résoudre les problèmes et à soutenir les activités d’entreprises appartenant à quatre grands secteurs : énergie, transport et logistique, commerce et finance, et santé.  Avec ses 40 employés et un budget de 250M$, IVADO peut se permettre d’offrir des bourses, de financer trois chaires de recherche et d’offrir des formations.
  • Ailleurs au Québec – Des programmes voient le jour dans diverses universités :

« Notre société vit une transformation numérique, et nous devons savoir comment extraire la valeur de toutes ces données, explique Gilles Savard, directeur général d’IVADO. Il nous faut beaucoup d’experts en algorithmes numériques pour répondre aux besoins futurs du marché. »

Avec cette dépêche, je comprends mieux ce que signifie l’information en tant que données, ce que peuvent être les compétences opératoires pour les maîtriser et ainsi développer une littératie informatique.   

Source

Aschaiek, Sharon.  Les universités à l’avant-plan de la science des donnéesAffaires universitaires.  20 février 2020.

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Sonia Morin

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