Compétitive Formation continue Pédagogique Technologique

Tony Bates croit que les enseignants universitaires devraient être certifiés pour pouvoir enseigner

Dans un texte publié dans le University World News à la fin novembre, Tony Bates, consultant canadien en technologies éducatives, maintenant senior advisor pour la Chang School of Continuing Education à l’Université Ryerson, offre un vibrant plaidoyer pour une forme de certification à l’enseignement des professeurs et chargés de cours universitaires.

Il présente plusieurs arguments qui viennent soutenir ce point de vue, dont les suivants.

  • L’environnement d’enseignement et les étudiants ont changé.  Ces derniers ont des profils et des besoins plus diversifiés que jamais.
  • Le monde du travail recherche des compétences de haut niveau, pourtant [t]eaching remains largely didactic, assessment of student work is often trivial and curricula are more likely to emphasise content coverage than acquisition of lifelong and life-wide skills ….
  • Le numérique est omniprésent à tous les niveaux la société, donc il devrait l’être en enseignement.
  • La formation continue requiert de nouvelles modalités de formation plus souples alternant présentiel et distanciel.
  • D’après une récente étude de la Canadian Digital Learning Research Association, le manque de perfectionnement des enseignants universitaires est l’un des principaux obstacles au développement de la formation en ligne.
  • De façon générale, les enseignants universitaire ne sont pas au courant des données probantes qu’offre la recherche en éducation sur la façon dont on apprend ou sur les méthodes pédagogiques les plus efficaces.

    ..[T]here is an impressive body of evidence on how teaching methods and curriculum design affect deep, autonomous and reflective learning. Yet most faculty [members] are largely ignorant of this scholarship, and instructional practices are dominated by tradition rather than research evidence.

  • Selon Bates [il ne précise pas sa source], moins de 10 % du personnel enseignant universitaire participerait aux ateliers de perfectionnement en pédagogie.

Pourtant, Bates demeure sceptique quant à l’amélioration de la situation.  Il estime qu’il faut des politiques et des reconnaissances certificatives de la capacité à enseigner à l’université, mais il ne croit pas que le changement viendra de l’interne.

There is little practical motivation for either novice graduate students or experienced lecturers to take time out to learn how to teach better. Career advancement, in most cases, is determined by research publications, not inspired teaching. Graduate students would have to take time out from their research for their PhD.

Il faudrait donc que les gouvernements exigent cette certification, ce qu’ils sont justifiés de faire compte tenu des coûts élevés de la formation universitaire.  Arriverons-nous à donner tort à Tony Bates en reconnaissant davantage la qualité de l’enseignement au sein de nos universités?

Source: Bates, Tony, “Why university lecturers need a teaching certificate“, University World News, 30 novembre 2019

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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé est coordonnateur de la veille et de la gestion des connaissances au SSF. C'est également le rédacteur en chef de L'éveilleur. De par ses fonctions, il se doit d'être touche-à-tout, mais il s'intéresse particulièrement à l’identification et au développement de compétences transversales (numériques et humaines), aux caractéristiques des nouvelles clientèles étudiantes, aux nouveaux espaces d'apprentissage, aux nouvelles formes de certification, ainsi qu'à l’intégration de récits à la formation.

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