La fin du livre? Opinion des lecteurs et conséquences périphériques

Depuis hier, Cyberpresse invite ses lecteurs à émettre des commentaires sur l’avenir du livre dans le contexte de de l’apparition des tablettes de lecture (iPad, Kindle, etc).  Jusqu’à présent, les opinions divergent.  Pour certains, ces appareils disparaîtront très vite et la perénité du livre papier est assurée.  D’autres croient au livre électronique, mais pas toujours pour les mêmes raisons.  Certains y voient une plate-forme idéale pour la lecture de loisir, alors que d’autres n’envisagent les tablettes que comme supports aux ouvrages de référence.  Cependant, ce qui m’a le plus surpris, c’est que Cyberpresse pointe vers une brillante série d’articles du Globe and Mail sur cette même question…

Le grand intérêt de ces articles du Globe, c’est qu’on y examine l’impact de la numérisation des livres sur des industries parallèles à celle de l’édition électronique.  Ainsi, dans « The book is dead… long live the book! » (paru le 18 juin dernier), John Barber explique que le e-book ne tuera pas le livre parce les auteurs de livres électroniques aspirent toujours à être publiés sur papier: par exemple, les blogueurs influents finissent par être contractés par des éditeurs et des keitai shoushetsu japonais sont vendus en librairie physique [Il s’agit essentiellement de romans d’amour sur cellulaire, écrits par des auteurs anonymes; un phénomène de la culture cellulaire japonaise que je découvre] .  Même les vidéos suscitent de nombreux commentaires écrits:

Until recently, [Michael Strangelove, author of Watching YouTube: Extraordinary Videos by Ordinary People] says, the most commented-on video on YouTube was a static title that read, “Macedonia is Greece.” More than 700,000 people added their views (777.024 as of January, 2010), creating a text that, if printed, would likely extend to a dozen thick volumes – encyclopedia size. With many repetitions of the phrase, “You suck,” according to Strangelove.

D’ailleurs, à propos des auteurs qui se servent de l’édition électronique pour gagner de la notoriété et accéder finalement à l’édition papier, il faut absolument lire cet autre excellent papier de la Presse canadienne, « Unpublished? Not a problem in the digital age » (The Globe and Mail, le mercredi 30 juin 2010).

Puis, dans « An industry in re-covery » (25 juin), Ivor Tossell s’intéresse à ce qu’il advient des couvertures de livres, des designers et des artistes qui les font, de leur utilité dans le monde de la publication, alors que les ouvrages sont numériques:

Even full-colour tablets that can do a cover image justice, like Apple’s iPad, can’t replicate the social functions of a dust jacket. Cover art, [Sarah] MacLachlan [president and publisher of House of Anansi Press] says, does more than sell a book in the store: It’s an advertisement for the publication as its reader carries it across town. It’s a social networking tool in the oldest sense of the term, letting people notice what others are reading as they sit on the subway or in the waiting room.

Enfin, dans « The collectible future » (paru le 2 juillet), James Adams traite de l’avenir des livres rares ou de collection.  Milieu plus conservateur s’il en est un, ici aussi les avis divergent quant au réel effet des livres électroniques sur ce marché très particulier.  Comme le remarque judicieusement un éditeur de livres d’art:

“Remember floppy disks? Remember all the talk about CD-ROMs becoming the standard medium for reference? I have every reason to believe a decade from now, possibly 15 years, people are going to be plucking iPads and Kindles out of garbage cans and wondering what they are. By contrast, the book today is recognizably the same artifact it was in the Middle Ages.”

Mais un vendeur d’antiquités littéraires est plus inquiet:

“If there are no bookstores, how does a young collector find out he’s a collector? If you don’t have exposure to older books, to other books – and where can you find such a thing except in a bookstore? – if kids aren’t coming into bookstores to look for the $5 book, they’re never going to discover the beauty and the pleasure in buying a $100 book or a $1,000 book.”

Vivement un article de cette qualité sur la transformation du livre dans le milieu de l’éducation…

Étude d'utilisabilité : l'iPad serait plus lisible que le Kindle; le papier reste le meilleur (pour le moment…)
Sujets de débats intéressants quant à la place des TIC en éducation

Commentaires

  1. echamberland a écrit:

    Le livre papier a quand même divers avantages qui en font à mon avis un objet qui est là pour durer :

    – Il ne peut pas planter.
    – On n’a pas besoin de le recharger.
    – On peut le prêter à un ami.
    – On n’a pas à s’inquiéter que l’éditeur fasse des opérations à distance dessus une fois qu’on l’a acheté (ex. retirer des droits, modifier les conditions d’utilisation, etc.).
    – Si on l’échappe, il y a peu de chances qu’il cesse de fonctionner.
    – On ne s’inquiète pas trop de l’apporter à la plage.
    – Il se prête bien à la concentration puisqu’il a une seule fonction.
    – Si on l’annote, on n’a pas à s’inquiéter que les annotations se perdent électroniquement d’une manière ou d’une autre.
    – C’est beau une bibliothèque bien garnie.
    Etc.

    Il y a certainement une transformation du marché du livre qui va s’opérer, mais je suis persuadé que le livre imprimé va demeurer très présent dans nos vies.

  2. Catherine Vallières a écrit:

    Pour faire suite aux observations d’Éric:

    http://www.australianblogs.com.au/blog/announcing-a-new-device-called-book-an-acronym-for-built-in-orderly-organized-knowledge/

    Le billet date de 2009, mais le texte est en circulation depuis des lunes… J’en ai une copie courriel -papier, il va sans dire- datant de 1998 🙂

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