Une plainte étudiante ne justifie pas d’empêcher un professeur d’enseigner

En 2015, après quarante ans d’enseignement à l’Université Laurentienne de Sudbury, feu le professeur Michael Persinger s’était vu « brusquement » retiré l’enseignement d’un cours de psychologie de première année à la suite de la plainte d’un étudiant.  La plainte concernait un formulaire que le Pr Persinger demandait aux étudiants de signer depuis dix ans.  Le formulaire asked students to acknowledge that they might occasionally hear profanities, including homophobic slurs and sexual slang, during his lectures.  L’Université avait retiré au professeur le droit de dispenser son cours en expliquant que de demander aux étudiants de signer un tel formulaire était contraire aux politiques de l’institution.

D’après l’arbitre Kevin Burkett (décision rendue le 6 novembre dernier):

« L’Université a commis une action inacceptable et contraire à la convention collective en interdisant au professeur Persinger d’enseigner […] et en diffusant le courriel en question […] aux étudiants inscrits à ce cours et, ce faisant, en négligeant de tenir compte de la liberté académique du professeur ».

La décision oblige l’administration de l’Université Laurentienne à…

  • engager dorénavant une véritable démarche de consultation avant de retirer à un professeur le droit de dispenser un cours,
  • évaluer les responsabilités et les fonctions des universitaires et leur droit à une enquête exhaustive en règle.

De son côté l’Université Laurentienne a convenu de…

  • « ne pas encourager publiquement le dépôt de plaintes contre des membres du personnel académique »
  • « ne plus jamais mettre en place un numéro de téléphone unique pour la réception des plaintes »
  • « décerner une bourse annuelle [au nom du Pr Persinger] pour saluer ses contributions reconnues à l’échelle internationale aux neurosciences et au domaine de la psychologie ».

David Robinson, directeur général de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), considère que « [c]ette décision constitue un important précédent pour l’ensemble du personnel académique au pays.. […] La liberté académique est une condition fondamentale de la libre recherche du savoir et de la compréhension. »

De son côté, Fabrice Colin, président de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) s’est déclaré satisfait de la décision, regrettant seulement qu’elle n’ait pas été rendue du vivant du Pr Persinger.

Sources:

ACPPU, « L’administration de l’Université Laurentienne a porté atteinte à la liberté académique« , Association canadienne des professeures et professeurs d’université, 21 novembre 2019

ASSOCIATION CANADIENNE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS D’UNIVERSITÉ, « L’administration de l’Université Laurentienne a porté atteinte à la liberté académique« , Ameq en ligne, 28 novembre 2019

Frommer, Molly et Chelsea Papineau, « ‘Victory for academic freedom’ as Laurentian University Faculty Association wins legal battle« , CTV News, 22 novembre 2019

 

 

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