Compétences informationnelles des étudiants du réseau des UQ: encore du travail à faire…

À l’automne 2018, quinze ans après que l’Étude sur les connaissances en recherche documentaire des étudiants entrant au 1er cycle dans les universités québécoises (Mittermeyer et Quirion, 2003) ait constaté « que bon nombre d’étudiants semblent mal connaître ou ne pas connaître du tout les éléments de base du processus de recherche documentaire », les membres du Groupe de travail sur la promotion et le développement des compétences informationnelles (GT-PDCI) du réseau de l’Université du Québec ont soumis un questionnaire à 34 783 étudiants au baccalauréat et à la maîtrise du réseau de l’UQ « afin de mieux connaître les compétences informationnelles des étudiants du réseau de l’Université du Québec ».

Un questionnaire basé sur les fondements et les habiletés du Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur a été élaboré dans le but d’identifier les stratégies que les étudiants utilisent et les connaissances qu’ils mobilisent lors de tâches liées aux compétences informationnelles.  Ce questionnaire est composé de 22 questions basées sur les fondements et les habiletés du Référentiel de compétences informationnelles en enseignement supérieur, traduction française du Framework for Information Literacy for Higher Education, de l’Association of College & Research Libraries (ACRL, 2015). Les questions sont à choix multiples et utilisent des exemples concrets ainsi qu’une mise en situation pour demander à l’étudiant de choisir la meilleure stratégie ou attitude à adopter à l’égard d’un problème informationnel. 

L’analyse des 6 142 (17,6 % de la population) questionnaires répondus et valides constitue la base du Portrait des compétences informationnelles des étudiants du réseau de l’Université du Québec, 2018 (111 p.), dont les résultats sont disponibles depuis la fin octobre 2019.  On y constate notamment que seules 6 des 22 questions ont été réussies par plus de 50 % des répondants. Les étudiantes et étudiants « utilisent certaines stratégies, mais ils pourraient développer des stratégies plus efficaces. »  Les résultats sont plus faibles au baccalauréat qu’à la maîtrise, en sciences de l’administration qu’en sciences humaines et en droit, de même que chez les étudiants étrangers ou résidents permanents.

À la suite de l’analyse des données de cette enquête, les membres du GT-PDCI proposent des recommandations.  Quatre touchent d’abord l’offre de formation dans les bibliothèques du réseau de l’UQ:

  • Bonifier l’offre de formation aux compétences informationnelles en s’appuyant sur les pistes d’amélioration décrites dans ce rapport [NDLR: Ces pistes sont les suivantes…
    – Utiliser des outils de recherche et des indicateurs d’autorité efficaces pour identifier la crédibilité d’un auteur
    – Saisir les nuances de la valeur attribuée à différents types de produits d’information dans divers contextes
    – Utiliser les techniques de référencement selon diverses situations
    – Identifier les formes de plagiat
    – Connaître les caractéristiques du libre accès et les règles du droit d’auteur qui y sont associées
    – Formuler des questions de recherche
    – Conserver et organiser les références
    – Diversifier les sources d’information et les types de données récoltées
    – Varier les sources d’information
    – Collaborer à des échanges savants pour favoriser la production de savoirs
    – Identifier des concepts permettant de développer une stratégie de recherche documentaire efficace
    – Comprendre l’utilité de la recherche dans le catalogue de la bibliothèque]
  • Déployer des efforts supplémentaires auprès des étudiants au baccalauréat afin qu’ils puissent davantage développer leurs compétences informationnelles durant leur programme d’étude
  • Sensibiliser les directions et les enseignants des programmes en sciences de l’administration à la contribution des compétences informationnelles et qu’une attention particulière soit accordée aux
    étudiants de cette discipline dans le développement de leurs compétences informationnelles
  • Accompagner plus particulièrement les étudiants étrangers ou résidents permanents dans le développement de leurs compétences informationnelles

Par ailleurs, deux recommandations touchent les stratégies institutionnelles :

Considérant que les résultats de l’enquête sur les compétences informationnelles des étudiants du réseau de l’Université du Québec concernent l’enseignement et l’apprentissage et que le fait que les compétences informationnelles peuvent avoir des répercussions sur :

  • la poursuite des études aux cycles supérieurs;
  • les résultats académiques des étudiants;
  • la persévérance et la rétention des étudiants;
  • le développement d’autres compétences essentielles au parcours académique, tel que le développement de la pensée critique, la communication écrite et les méthodes de travail (GT-PDCI, 2018),
  1. Les différentes instances des établissements soient informées des constats dégagés et des recommandations formulées dans le Portrait des compétences informationnelles des étudiants du réseau de l’Université du Québec et qu’elles soient invitées à mettre en œuvre les recommandations proposées dans le rapport Stratégies d’appui à l’intégration des compétences informationnelles dans les programmes d’études universitaires (GT-PDCI, 2017).
    [NDLR, soit :
    – Reconnaître l’importance d’intégrer le développement des CI tout au long des programmes d’études.
    – Soutenir des initiatives durables pour y parvenir.
    – Partager les responsabilités à l’égard du développement des CI entre les acteurs (bibliothécaires, enseignants, conseillers pédagogiques, directions de programmes, directions des études, étudiants), par exemple :

    • Former un groupe de travail multidisciplinaire dans l’établissement afin de clarifier les objectifs d’un projet d’intégration des CI dans les programmes, les suivis, le soutien, la constatation des résultats et les ajustements.
    • Collaborer avec les conseillers pédagogiques afin d’assurer le respect de méthodes pédagogiques
      efficaces en lien avec la finalité des programmes.
    • Outiller les enseignants à développer les CI des étudiants par une offre de formations en
      collaboration avec la bibliothèque et les services de soutien pédagogique]
  2. Le GT-PDCI recommande également que les bibliothécaires-formateurs collaborent continuellement avec les équipes-programmes pour identifier les compétences informationnelles développées dans le cadre des programmes d’études et pour définir les actions à mettre en place pour atteindre les objectifs
    d’apprentissage ciblés.

Il y a fort à parier que la situation est assez similaire dans les autres établissements universitaires du Québec.  Or, les compétences informationnelles n’ont jamais été aussi nécessaires à la vie citoyenne et professionnelle.

Source:
Groupe de travail sur la promotion et le développement des compétences informationnelles, Portrait des compétences informationnelles des étudiants du réseau de l’Université du Québec, 2018, Réseau de l’Université du Québec.

 

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