PhDétectives : étude sur les compétences et tendances d’emplois des titulaires de doctorat canadiens

Adoc Talent Management, jeune entreprise créée par une équipe composée d’experts en recrutement et des détenteurs de Phd qui offre des services de recrutement, de gestion des compétences et de carrières, vient de publier PhDétectives : les compétences des titulaires de doctorat et les tendances de leurs emplois au Canada.  Aux dires d’Adoc Talent Management, il s’agit de la plus importante étude jamais menée sur les compétences acquises par les détenteurs de doctorat au Canada et leur adéquation avec le marché de l’emploi.

L’étude a été réalisée avec le soutien de trois partenaires : Finance Montréal, Mitacs et l’Association canadienne des stagiaires postdoctoraux (ACSP).  Pour retracer les détenteurs d’un doctorat canadien et les inviter à participer à l’étude, on a créé le site PhDétectives.

Quelques données du rapport

  • 18 mois : durée de l’enquête
  • 1200 et + détenteurs de doctorat ont participé.
  • 155 employeurs ont participé.
  • 121 compétences ont été analysées.

Quelques résultats du rapport

  • 69% des répondants qualifient leur doctorat de «Très» ou «Extrêmement» important pour leur préparation professionnelles.
  • 53%  travaillent dans des universités.
  • 30%  travaillent dans un organisme privé, industriel ou commercial.
  • 14%  travaillent dans le secteur public (services sociaux, gouvernementaux, santé, enseignement hors université).
  • 37%  n’occupaient pas de fonction en R&D.

Des compétences

  • Expertise scientifique et technique: ensemble des connaissances et des techniques propres au domaine particulier du doctorat, exploitables dans un cadre très spécialisé
  • Compétences techniques transférables (formalisables) : compétences développées dans des situations professionnelles directement transposables d’un métier à l’autre (p. ex. gestion de projet, gestion de problématiques complexes, communication) qui peuvent être acquises par un cours.
  • Compétences transverses (non formalisables) : compétences susceptibles d’être utilisées dans de très nombreuses situations professionnelles qui ne peuvent être acquises dans le cadre d’un cours (capacité à motiver ses collaborateurs, capacité d’analyse, capacité d’anticipation, capacité à prendre des décision, multiculturalité, prise de responsabilité)
  • Aptitudes et qualités : ressources qui viennent se greffer aux compétences transférables pour les compléter (rigueur, ouverture d’esprit, efficacité…)
  • Savoir-être : ensemble des compétences liées au comportement (le relationnel, la persévérance, l’audace ou l’autonomie)
  • Méta-compétences : compétences particulières qui permettent soit de développer de nouvelles ressources (capacité d’apprentissage), soit de mieux mobiliser celles que dont le professionnel possède déjà (capacité d’adaptation) (pages 26 et 27)

Dans le document Faits saillants, on retrouve un schéma représentant ces compétences.

Dans le rapport, à la page 36, on retrouve une figure sur les catégories de compétences nommées par les titulaires de doctorat et les employeurs :

À la lecture de la figure 8 on peut constater faire les constats suivants :

  • l’expertise scientifique et technique est la compétence la plus mise de l’avant tant par les détenteurs de doctorat que par les employeurs;
  • les titulaires de doctorat disent avoir développé un bien plus large éventail de compétences que ce qu’ils jugent pertinent de présenter en entrevue d’embauche (p. ex. savoir-être : ces aptitudes représentent 11,02 % des compétences développées pendant les études, mais 3,07 % des compétences mises de l’avant en entrevue);
  • de la même façon, les compétences ciblées par les employeurs ayant embauché des titulaires de doctorat sont moins variées que les compétences acquises au troisième cycle (p. ex. compétences transférables : 11,79 % des compétences développées pendant les études, mais
  • 6,44 % des compétences remarquées par les employeurs chez les docteurs embauchés); 4) le plus grand écart entre les compétences développées et mises de l’avant par les titulaires de doctorat et les compétences qui avaient besoin d’être améliorées selon les employeurs se situe dans les compétences transférables et formalisables (p. ex. communication orale et écrite, gestion des délais et des conflits

Une lecture approfondie de ce rapport apportera beaucoup d’éclairage à quiconque se soucie du développement des compétences dans la formation doctorale en vue de favoriser une meilleure insertion professionnelle des diplômés, ce qui devrait contribuer à une certaine adéquation avec les besoins des employeurs.

Source

Adoc Talent Management. PhDétectives : le rapport est maintenant disponible.   Site web Adoc Talent Management.  Pas de date, consulté le 8 novembre 2019.

 

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Commentaires

  1. Sonia Morin a écrit

    Jacaudrey Charbonneau a publié un article sur Ici Radio-Canada sous un autre angle : Les défis d’être un travailleur surqualifié (https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1384886/surqualification-doctorat-universite-emploi)

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