Rapport d’étonnement, colloque CIRTA 2019 (2e partie de 2)

La semaine dernière, je vous rapportais les grandes lignes des thématiques abordées lors des conférences auxquelles j’ai assisté au colloque CIRTA, qui a eu lieu les 22 et 23 octobre dernier dans les locaux de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Dans ce second billet, je vous présente mes impressions des conférences portant sur la ludification de la formation et la classe inversée.

Les deux premières conférences présentées en matinée s’adressaient à l’ensemble des participants du colloque.  Éric Sanchez, professeur de didactique au Centre d’Enseignement et de Recherche pour la Formation à l’enseignement de l’Université de Fribourg et professeur associé ici à l’Université de Sherbrooke est venu présenter sa conférence intitulée Jouer pour apprendre ? Pas si simple!, où il a tenté de déboulonner certains mythes et décrire la relation qui existe entre le jeu (numérique) et l’apprentissage.  Des expérimentations effectuées en Suisse et au Brésil ont permis de dégager des différences individuelles dans la façon dont des groupes de jeunes élèves de niveau primaire et secondaire ont abordé le jeu dans un contexte pédagogique avec Classcraft. Des stratégies variées associées à la réponse des élèves aux règles venant sanctionner différents comportements ont mis en lumière l’importance de positionner le jeu en tant que métaphore pour représenter la gestion de la classe effectuée par l’enseignant.  Pour encourager les bons comportements, il ne suffit donc pas de faire jouer les élèves, ou encore donner des récompenses sous forme de badges, de points ou de médailles pour qu’ils apprennent: l’enseignant doit guider ses étudiants dans leurs actions et les influencer à prendre des décisions qui vont dans le sens désiré des apprentissages à acquérir.

Shawn Young est venu ensuite nous entretenir de l’évolution de son environnement Classcraft et de l’impact du jeu sur l’engagement des étudiants.  Dans sa présentation, Young est revenu sur l’impact motivationnel du jeu chez les jeunes, qui vient créer des expériences signifiantes et combler chez ces derniers des besoins au niveau de l’autonomie et du sentiment de compétence, dans un contexte ou les relations sociales sont importantes.  Tout comme le professeur Éric Sanchez qui l’avait précédé, Young a souligné comment Classcraft permet à l’enseignant d’améliorer la gestion de sa classe et contribue à augmenter la motivation de ses élèves.  Différents résultats d’expérimentations sur la connaissance de soi et l’apprentissage de la citoyenneté numérique sont venus appuyer ses propos.

J’ai ensuite participé au symposium sur la classe inversée, animée par le professeur Bruno Poelhuber de l’Université de Montréal, où des résultats de recherche sur l’intégration de la classe inversée et des pratiques liées à l’approche ont été présentés.  J’ai été agréablement surpris de voir que la définition retenue par Poelhuber pour définir ce qu’est la classe inversée s’inspirait des travaux effectués par notre cellule de veille du Service de soutien à la formation:

J’ai surtout retenu que la perception de la classe inversée chez 25 enseignants ayant intégré l’approche à leur enseignement et qui ont été sondés dans le cadre d’un projet de recherche-action effectuée dans 4 CÉGEPs et 2 universités se veut généralement positive.  Les effets sur l’apprentissage à court et moyen terme restent à démontrer (certains résultats sont positifs, d’autres neutres), mais les effets sur la motivation et l’engagement des étudiants se veulent plutôt positifs dans l’ensemble.

Je n’ai malheureusement pas été en mesure d’assister aux conférences en après-midi, étant appelé à gérer d’autres dossiers au même moment. Mes collègues pourront certainement compléter le portrait des conférences auxquelles ils auront assisté.

Ma participation au colloque fût une expérience fort agréable.  Je suggère fortement aux collègues, ainsi qu’à nos professeurs et chargés de cours d’assister à la prochaine mouture de l’événement afin de se tenir au courant des derniers développements en pédagogie aux études supérieures.  C’est aussi l’occasion d’apprendre à connaître des équipes de chercheurs et praticiens engagés et soucieux de faire avancer l’état de la connaissance au bénéfice de tous les intervenants dans nos collèges et universités.

Projet de cocréation de ressources éducatives numériques à la BAnQ
Une maîtrise avec un cheminement en intégrité académique? Vraiment?

Commentaires

  1. Constance Denis a écrit

    Merci Marc pour ton retour sur le colloque!

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