Jeunes de la réforme au secondaire: Prêts? Pas prêts? Les v’là!

Le Devoir complète aujourd’hui une série de quatre articles sur la première cohorte de jeunes « full Réforme » (issus du renouveau pédagogique au secondaire) qui quittent les polyvalentes et s’amènent au collégial en septembre.  Ayant traversés un programme qui devait développer leurs compétences et qui carburait à la pédagogie par projets, où en sont-ils?  À mon sens, les articles 1 et 4, signés par Amélie Daoust-Boisvert sont les plus pertinents pour notre contexte universitaire.

Évidemment, la question qui préoccupe le plus est de savoir s’ils seront « de niveau » pour les études postsecondaires.  Là-dessus, les avis recueillis par la journaliste sont mitigés.  Si les syndicats d’enseignants se montrent plutôt alarmistes, tant au secondaire…

« Selon le président de la Fédération autonome de l’enseignement, ils n’ont jamais été confrontés à des classes «avec si peu de connaissances et de bagage». «Le choc va être brutal», croit aussi Yves Parenteau, de l’Alliance des professeurs de Montréal. «Quand le groupe de la réforme arrive, ils sont beaucoup plus faibles», dit Marie Rancourt, de la Fédération des syndicats de l’enseignement. Un écart qui serait, selon elle, moins important dans les cohortes suivantes, arrivées après les années de mise en place. »

…qu’au collégial…

« Jean Trudelle, de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui regroupe les enseignants de 46 cégeps, craint fort que les élèves soient moins bien préparés que ceux de l’avant-réforme. «Et ça risque de poser des cas de conscience aux profs qui ont des cibles de réussite à atteindre», appréhende-t-il. En attendant, «on retient notre souffle; tout ce qu’on peut faire, c’est attendre et voir ce qui s’en vient…»

…Des chercheurs affichent davantage de modération:

«Certains disent qu’on a sacrifié une génération», dit Simon Larose [professeur à l’Université Laval, responsable du Projet ERES qui a reçu le mandat d’évaluer la mise en place de la réforme], mais, selon lui, «les jeunes ne se sont pas si mal classés dans les dernières années». Il se réjouit de l’augmentation du nombre d’heures consacrées aux mathématiques et au français. «Mais si on augmente le nombre d’heures et que j’ai vraiment de la misère en maths, on augmente mon risque d’échec si on ne m’encadre pas adéquatement», juge-t-il. Optimiste, il pense «qu’ils vont développer une compétence complexe plutôt que de recracher la matière le jour de l’évaluation».

À noter, les commentaires en réaction à ces articles valent souvent la lecture.  Par exemple,

« Je ne comprends cette vague soulevée par la première cohorte à avoir expérimenté complètement la réforme. En effet, moi-même étudiante en enseignement, ayant fait plusieurs stages dans différents niveaux au primaire, je n’ai pas vu la réforme en action. […] Par contre, bien que le gouvernement ait mis sur pied cet réforme par écrit dans un joli programme, plusieurs enseignements [sic] n’ont reçus aucune formation à cet effet.  […] Certains enseignants déjà en place tentent tant bien que mal d’appliquer cette réforme avec peu de moyens tandis que d’autres l’ignorent complètement. Cette nouvelle façon d’enseigner n’est même pas encore implantée dans nos écoles et ne le sera pas avant bon nombres d’années. Avant de faire un bilan formel, nous devrions attendre au moins une dizaine d’années encore!! »
Signé: Mpee

ou

« Alors il est fort à parier que ces enfants de la réforme ne seront guère différents de ceux de l’an dernier parce que les enseignants du secondaire n’ont guère changé leurs pratiques. S’attendre à ceci ou à cela conduit invariablement à biaiser nortre regard sur ces étudiants. C’est l’effet pygmalion. Attention svp. »
Signé: Marc Landry, enseignant au secondaire

Daoust-Boisvert, Amélie, « Génération réforme (1) – Meilleurs ou pas, les finissants du secondaire?  Le renouveau pédagogique est toujours en attente d’évaluation », Le Devoir, 14 juin 2010

Gervais, Lisa-Marie, « Génération réforme (2) – Cours d’ECR: les enseignants «marchent sur des oeufs », Le Devoir, 15 juin 2010

Gervais, Lisa-Marie, « Génération réforme (3) – Les nouveaux examens souffrent de préjugés », Le Devoir, 16 juin 2010
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Daoust-Boisvert, Amélie, « Génération réforme (4) – Prêt pas prêt, j’arrive! Les élèves de la réforme entrent au cégep », Le Devoir, 17 juin 2010

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