L’empreinte carbone de la vidéo en ligne

J’écoutais récemment la radio de Radio-Canada. Stéphane Garneau, chroniqueur à l’émission Samedi et rien d’autre, a abordé un sujet pour le moins inusité, celui de l’empreinte carbone de la vidéo en ligne.

En l’écoutant, j’ai appris que…

  • la vidéo en ligne représente 80 % du trafic de données sur internet (ce dont je me doutais bien);
  • ce trafic compte pour 55 % de l’impact énergétique mondial (plus que la moitié de l’impact mondial… là, j’ai été surprise);
  • l’empreinte carbone du numérique correspond à 3,7 % des émissions mondiales de CO2 (soit plus que l’aviation civile);
  • annuellement ce trafic augmente de 25 %

Ces chiffres proviennent du rapport « Climat: l’insoutenable usage de la vidéo en ligne  » publié en juillet dernier par The Shift Project, une association française (l’auriez-vous deviné?), qui conduit des études et milite contre les changements climatiques.

Bien que les avantages du numérique ne soient plus à démontrer, en scrutant le phénomène de la vidéo en ligne, The Shift Project souhaitait mettre en lumière l’ampleur de cette pratique et ses impacts sur le climat. Que ce soit par l’utilisation de ressources non renouvelables dans la construction d’équipements, la demande énergétique que réclament réseaux et serveurs ou par la multiplicité des usages qu’il permet (dont le visionnement de vidéos en ligne), le secteur des TI est loin d’être carboneutre.

Je n’entrerai pas dans les détails, mais le rapport The Shift Project propose quelques solutions, dont la mise en oeuvre du principe de sobriété numérique. «La sobriété numérique consiste à prioriser l’allocation des ressources en fonction des usages, afin de se conformer aux limites planétaires, tout en préservant les apports sociétaux les plus précieux du numérique».

Pour la vidéo en ligne à des fins d’apprentissage, cela pourrait vouloir dire…

  • identifier et prioriser les usages de la vidéo qui sont les plus pertinents pour la formation;
  • planifier chaque projet de manière à ce que la vidéo produite ne le soit que si elle est jugée nécessaire à l’apprentissage;
  • privilégier des formats plus légers et des taux de compressions qui donnent le meilleur rapport qualité/poids;
  • etc.

Dans le cadre de mes fonctions j’utilise l’informatique quotidiennement, je développe et produis des capsules vidéo qui sont mises en ligne, j’encourage et forme les professeurs à utiliser des outils de production qui leur permettront à leur tour de créer des ressources numériques et des vidéos de formation à mettre en ligne.  En tant que membre d’une communauté universitaire forte de pratiques de plus en plus vertes, comment puis-je arriver à une plus grande écoresponsabilité numérique?

Chose certaine, cette question de l’empreinte carbone de la vidéo en ligne et, plus largement, du numérique est loin d’être close.

Sources :

Garneau, Stéphane, chronique radio «Technologies», Samedi et rien d’autres, Radio-Canada.ca Première, samedi 7 septembre 2019.

The Shift Project, Climat: l’insoutenable usage de la vidéo en ligne, rapport sur l’impact environnemental du numérique, 11 juillet 2019.

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