Colonies de vacances pour une société plus durable?

Ma collègue Sonia m’a refilé cet article qui a priori apparaît peut-être un peu loin de la veille pédagogique, mais finalement pas tant que cela. Rappelant qu’à quelques reprises dans l’histoire française récente, les colonies de vacances ont été un outil de politique publique utilisé par le Front populaire notamment, l’article propose de réfléchir au modèle politique associé aux colonies de vacances.

« À l’heure de la transition écologique, où il s’agit de construire une société apaisée, plus respectueuse de la planète et des personnes, pourquoi ne pas miser à nouveau sur les colonies de vacances ? Comment peuvent-elles répondre aux défis actuels ? Des travaux pédagogiques en cours apportent un éclairage sur leur marge de manœuvre. »

Vers une pédagogie du « care »

L’article, co-écrit par le directeur de la Maison de Courcelles, un organisme qui organise des colonies de vacances en prônant la liberté et la responsabilité, présente des éléments de ce qu’il voit comme l’émergence d’une nouvelle pédagogie, la pédagogie du « care ». Un exemple concret? Des « cartes sensibles » pour permettent aux enfants d’identifier les lieux où ils se sentent bien et mal. Ce virage par la Maison de Courcelles, qui souhaite travailler davantage sur la rencontre et le bien-être, répondait à l’appel à projets « Génération Camp Colos » lancé par le ministère de la Jeunesse et des Sports de France en 2015 visant à moderniser les colonies de vacances, délaissées par les jeunes français ces dernières années.

L’éducation prépolitique 

Reprenant l’idée de Philippe Meirieu pour qui « l’école préfigure toujours un projet de société », l’article propose de délaisser en partie la posture marchande qui domine dans nos sociétés et qui est caractérisée par une série de processus visant à garantir la qualité, classifier et organiser au profit d’une posture de la rencontre, « basée sur la confiance et sur l’idée que nous allons faire ensemble au risque de ».

Dans la suite de la pensée de J. Tronto, les pédagogies du « care » ne peuvent se construire que dans un rapport non marchand avec les personnes (ce qui ne signifie pas démonnaitarisé), basé sur la confiance, et sur l’idée que nous allons « faire ensemble au risque de »…

Bref, l’article en appelle à ce que les colonies de vacances soient des lieux d’exploration « des pédagogies de « care » qui feront école, dans la lignée de grands pédagogues avaient fait en leur temps : inventer des modèles en colo pour ensuite les diffuser dans l’école (Oury), le travail social (Korczak, H et H Julien), les mouvements de jeunesse (Baden-Powel, K. Lowenstein) ou la médecine (Lestradet). »

Source: Bocquet, Jean-Michel et Létoré, Louis. 2019. Débat : Les colonies de vacances, tremplins vers une société durable ? The Conversation, 7 juillet 2019.

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