A-t-on besoin de vous voir dans vos vidéos pédagogiques?

Avec son billet d’humeur «La vidéo: ce fléau pédagogico-narcissique», Aurélien Dorvaux nous fait réaliser, une fois de plus, à quel point il est facile de reproduire ce que nous connaissons.

De la formation en présence jusqu’à la formation à distance, nous prenons souvent le chemin le plus court. Mettre en vidéo « l’expert qui parle », comme si l’apprenant en ligne était aussi « captif » qu’il l’est en classe, est une des erreurs à éviter. Car en visionnant une vidéo de tête parlante, dès l’instant où l’intérêt s’amoindrit, l’apprenant n’écoute plus et focalise sur un détail vestimentaire, technique, ouvre un nouvel onglet de navigation et laisse tourner à vide la vidéo en question.

«À quoi cela sert-il de voir celui ou celle qui nous explique quelque chose si l’on ne peut pas lui parler ? établir une proximité ? mimer la confidence ?», s’interroge l’auteur. « En tout cas, si ce dispositif a un intérêt au niveau du narcissisme planétaire, d’un point de vue pédagogique, c’est complètement inutile. »

Alors, avant d’offrir votre binette (bien que sûrement sympathique), à vos étudiants, posez-vous ces questions :

  • Est-ce que la vidéo est le meilleur véhicule pour aborder tel sujet ou tel concept?
  • Quels contenus mériteraient d’être médiatisés?
  • Quels médias (image fixe, animation, graphique, audio) rendront au mieux ce qui doit être démontré, expliqué?

Ce qui ne veut pas dire de ne jamais apparaître dans vos vidéos. Loin de là! Mais réservez votre visage aux vidéos qui en ont réellement besoin. Par exemple, une vidéo de présentation, d’introduction ou une rétroaction personnalisée.

Source: Dorvaux, Aurélien, «La vidéo: ce fléau pédagogico-narcissique», Sydologie, 11 juin 2019.

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