Pour que la révision reste un exercice d’amélioration des compétences rédactionnelles

Où se situe la frontière entre révision et réécriture dans le cas des travaux universitaires lorsque les étudiants ont recours à des services d’aide à la rédaction?  Réviseurs Canada offre deux guides (v NDLR – Les guides ne sont pas encore disponibles en français mais Réviseurs Canada y travaille.) visant à répondre à cette question :

Le guide pour les étudiants aux cycles supérieurs, qui existait depuis 2006, a été mis à jour alors que celui pour les étudiants du 1er cycle a été créé à la lumière de l’augmentation de leurs consultations pour des services de révision.

Dans les deux guides, on retrouve l’obligation pour les étudiants désirant recourir à des services de révision d’obtenir une autorisation écrite (Permission form to confirm editing services for student texts) de leur enseignant ou de leur directeur de recherche, dans laquelle ce dernier précise l’aide permise :

  1. signalement des problèmes sans les régler
  2. correction des erreurs
  3. une combinaison des deux premières options.

Pour la mise à jour des principes directeurs des guides, Réviseurs Canada a consulté des universitaires, dont la professeure adjointe au programme de rédaction professionnelle Stephanie Bell, également directrice adjointe du centre de rédaction à l’Université York.

Comme l’explique Mme Bell, les discussions entourant la révision peuvent alerter ceux qui travaillent dans les centres de rédaction, « parce que leurs services sont souvent pris à tort pour des services de révision. Notre objectif est de faire progresser les aptitudes des rédacteurs et non de faire le travail à leur place ». Elle se dit heureuse de constater que les principes directeurs font la promotion de la révision de façon à approfondir l’apprentissage des étudiants.

Souhaitant que ces principes fassent leur chemin jusque dans les services d’aide à la rédaction des universités, Réviseurs Canada les a distribués, entre autres, dans les réseaux de l’Association canadienne des centres de rédaction et de groupes de médias sociaux.

Mme Bell se dit aussi curieuse de voir la réaction des professeurs lorsque les étudiants commenceront à leur présenter le formulaire d’autorisation. « Je crois que ces principes directeurs permettront de mieux faire connaître cet enjeu et sensibiliseront les membres du corps professoral sur les besoins en matière de soutien à la rédaction et de cours d’écriture. »

Cette dépêche n’est pas sans rappeler celle-ci : Recours à un logiciel de traduction en ligne et à un service de correction par les étudiants internationaux = plagiat? dans laquelle il est question d’encadrer cette pratique de traduction pour les travaux universitaires.

Il n’y a pas à dire : la rédaction des travaux universitaires et le développement des compétences rédactionnelles à l’ère du numérique comportent leur lot de défis pour les administrateurs et les enseignants…

Source

Woollard, Natale.  Réviseurs Canada encadre la révision éthique des travaux d’étudiantsAffaires universitaires.  5 mars 2019.

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