Vers un réseau d’universités européennes?

Dans un discours sur l’Europe prononcé en septembre 2017,  le Président Macron en appelait à la création d’un réseau d’universités européennes: « …un réseau d’universités de plusieurs pays d’Europe, mettant en place un parcours où chacun de leurs étudiants étudiera à l’étranger et suivra des cours dans deux langues au moins. Des universités européennes qui seront aussi des lieux d’innovation pédagogique, de recherche d’excellence. Nous devons nous fixer l’objectif, d’ici à 2024, d’en construire au moins une vingtaine » [notre emphase]

L’idée n’est pas neuve, mais elle gagne en attraction compte tenu de la menace du Brexit et de la montée des populismes anti-européens.

Calendrier

Octobre 2018: appel à projets dans le cadre de l’entente Erasmus+ pour la mobilité étudiante

Février 2019: fermeture de l’appel à projets

2019: 30 millions d’euros ont été réservés afin de financer six modèles expérimentaux afin de tester le concept et son potentiel transformatif.

[L’appel à projets a été extrêmement populaire et ce sont finalement « [d]ouze projets d’alliances réunissant des établissements d’au moins trois pays européens [qui] commenceront leurs activités à la rentrée 2019. Ils seront financés chacun à hauteur de 5 millions d’euros sur 3 ans. » (MESRI, 2018)]

2020: second pilote

2021: déploiement complet

Analyse de Brendo O’Malley, éditeur du University Word News:

This is a programme full of ambition for a deep level of integration that envisages, for instance, that in a partnership on European studies a student could go to Paris to study law, to Rome for economics, and Athens for history as part of the same degree programme, attending either in person or virtually, with a guarantee that the qualification would be systematically recognised across borders.

It could also mean universities going one step further and cooperating on designing the curriculum together and ensuring, for example, that they have complimentary facilities for research, rather than identical ones. (O’Malley, 2019)

Objectifs

« Les universités européennes contribueront à :

  • promouvoir des valeurs européennes communes et une identité européenne renforcée en réunissant une nouvelle génération d’Européens, pouvant coopérer et travailler dans le cadre de différentes cultures européennes, dans différentes langues et à travers les frontières, les secteurs et les disciplines universitaires.
  • péaliser une progression significative dans la qualité, la performance, l’attractivité et la compétitivité internationale des établissements d’enseignement supérieur et contribuer à l’économie du savoir, à l’emploi, à la culture et au bien-être européen en utilisant au mieux les pédagogies innovantes et en faisant du triangle du savoir une réalité.

A l’horizon 2025, chaque alliance:

  1. aura défini une stratégie commune et de long terme pour la formation, la recherche et l’innovation, impliquant un niveau d’intégration élevé entre ses membres Des structures dédiées de gouvernance conjointe, ainsi que des services, ressources et infrastructures partagés seront mis en place.
  2. aura établi un campus « inter universités » européen, innovant et inclusif, dans lequel :
    –  La mobilité de tous (étudiants, doctorants, chercheurs, enseignants, personnels) est la norme : au moins 50% des étudiants (jusqu’aux doctorants) de chaque alliance bénéficieront d’une mobilité (physique, virtuelle ou hybride).
    –  Des parcours diplômants conjoints de formation sont dispensés dans les trois cycles.
  3. soutiendra des équipes multidisciplinaires de création de connaissances associant étudiants, enseignants et chercheurs pour répondre aux défis auxquels nos sociétés sont confrontées.
  4. agira en tant que modèle de bonnes pratiques afin d’améliorer la qualité, la compétitivité internationale et l’attractivité du paysage européen de l’enseignement supérieur. » (MESRI, 2018)

ESPACE EUROPÉEN DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (E.E.E.S.)

À terme, ce réseau vise à jeter les bases de la European Higher Education Area pour 2025. Cet espace permettrait, notamment, la mobilité des professeurs la reconnaissance transnationale des diplômes entre les états membres.  Toutefois, la notion d’une assurance-qualité à l’échelle européenne est présente.

Sources:

Ministère de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation, « ESPACE EUROPÉEN DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (E.E.E.S.)« , France, 1re publication: 17.12.2018 – Mise à jour: 11.02.2019

O’Malley, Brendan, « The Ambition Behind European Universities Networks« , Policy Brief, Council for Higher Education Accreditation International Quality Group, no 12, février 2019

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Commentaires

  1. Jean-Sébastien Dubé a écrit

    Cet article du University World News précise que 54 projets ont été déposés. L’Union Européenne a donc doublé le financement, ce qui permettra aux 12 projets d’être soutenus à hauteur de 60 millions d’euros pendant la première phase de l’initiative: https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20190307070330629

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