La planète s’invite à l’Université…

De nombreuses initiatives visant à mobiliser l’opinion publique en faveur de la protection de l’environnement, et plus particulièrement sur la question des changements climatiques, ont eu lieu cet automne. Le Pacte pour la transition porté par Dominic Champagne a été signé par près de 265 000 personnes à ce jour; des manifestations en marge de la campagne électorale de l’automne se sont déroulées dans de nombreuses villes du Québec avec comme préoccupation de ramener ces enjeux dans les priorités de l’ordre du jour électoral. Après ces mobilisations connues sous le titre La planète s’invite au parlement, le mouvement se poursuit et prend forme à l’école, au collégial et à l’université, et ce ici et ailleurs.

La planète s’invite à l’Université

Dans une entrevue donnée à Radio-Canada, les instigateurs étudiants de la déclinaison universitaire de ce mouvement  indiquent que « nous sommes en situation de crise climatique et il faut agir en ce moment ». Les demandes à la base de ce mouvement, à l’échelle du Québec, sont de trois ordres : l’éducation à l’environnement, l’adoption de loi et mesures forçant l’atteinte des cibles recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et concernant les établissements d’enseignement plus spécifiquement : « une plus grande transparence concernant leurs investissements, le retrait des investissements dans les énergies fossiles et la tenue d’un bilan carbone institutionnel afin de pouvoir cibler les plus grandes sources d’émission de GES en vue de les réduire. »

Ces revendications seront visibles dans le cadre de jours de grève étudiante avec l’objectif d’ouvrir le débat sur ces enjeux. Le mouvement prend racine dans différents cégeps et universités, dont l’Université de Sherbrooke. Du côté de l’UdeS, l’adoption d’une stratégie de gestion de l’énergie et des gaz à effet de serre de même qu’une stratégie sur l’investissement responsable apporte une réponse à ces revendications.

Manifestations et grèves ici et ailleurs, le 15 mars et 27 septembre 2019

Déjà, des manifestations et grèves étudiantes ont déjà eu lieu ici comme ailleurs. Des manifestations et grèves de plus grande ampleur s’organisent pour le vendredi 15 mars 2019 à Montréal, Québec et Chicoutimi notamment. Les associations étudiantes du Cégep de Baie-Comeau, de l’UQAR se sont déjà prononcées en faveur d’une grève alors que d’autres vote de grève se dérouleront dans différents établissement d’ici le 15 mars.

Ailleurs, des grèves et manifestations ont également eu lieu et sont également prévues le 15 mars notamment en Australie, au Royaum-Uni, en Belgique, en France. Ce mouvement tire sa source du discours de l’adolescente Greta Thungerg lors de la Conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques de l’ONU (COP 24). L’ensemble de ces appels à manifestation convergent également pour une grève générale pour la planète le 27 septembre 2019 dans le cadre du mouvement Earth strike.

Prise de position d’enseignants et de scientifiques

Plus de 260 scientifiques et universitaires suisses, français et belges en appel également à une mobilisation dans une lettre ouverte publiée dans Le Temps. Au Québec, plus de 900 enseignants québécois ont signé une pétition en appui à ces journées de grève pour le climat. Une pétition est également en cours réclamant que le gouvernement du Québec intègre un cours d’éthique environnementale obligatoire au niveau collégial.

Quelle est la contribution du secteur de l’éducation de tous les ordres quant à la formation et l’éducation de citoyens et professionnels écoresponsables? Cette contribution est essentielle selon certains, comme l’écrivaient plus tôt cet automne la Pre Lucie Sauvé et Hugue Asselin dans une lettre ouverte:

C’est dans la perspective de favoriser une telle synergie entre les milieux d’éducation formelle et non formelle qu’il devient de plus en plus impératif que le Québec se dote d’une politique publique forte d’éducation en matière d’environnement et d’écocitoyenneté. L’environnement n’est pas un thème parmi d’autres qu’on peut aborder quand il « reste du temps » dans une grille horaire trop chargée. Il s’agit d’un ensemble de réalités vitales. Le rapport à l’environnement est une dimension fondamentale du développement humain, sans laquelle l’éducation reste inachevée et sans laquelle nous formons des êtres inachevés.

Sources: 

Les universitaires s’unissent contre les changements climatiques. Entrevue donnée par Louis Couillard et Léa Ilardo à l’émission Médium Large le mardi 19 février 2019.

Collectif. 2019. Appel de chercheurs à la grève climatique mondiale du 15 mars. Le Temps. 20 février 2019.

La presse canadienne. 2019. Des enseignants appuient le mouvement de grève pour le climat. L’actualité. 12 février 2019.

Sauvé, Lucie et Hugue Asselin. 2018. Éducation et environnement, des enjeux étroitement liés. Le Devoir. 12 septembre 2018.

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Commentaires

  1. Letor a écrit:

    bonjour,

    Concrétement, à l’université de Sherbrooke, y-at-il un comité, un groupe de personnes qui font quelque chose le 15 mars. A peine arrivée, ce n’est que silence autour de moi à ce propos (Longueil). De plus, je suis effarée par le gaspillage (lumières allumées la nuit, chauffage), plastic partout….
    Soit, J’ai envie de bouger mais je suis un peu islolée.
    Bien à vous,
    caroline letor

    • Véronique Bisaillon a écrit:

      À l’Université de Sherbrooke, un groupe facebook, La planète s’invite à l’université :UdeS est actif. Actuellement, seule l’association des étudiantes et étudiants de la maîtrise en environnement (AMEUS) ont voté en faveur de la grève du 15 mars. Dans les autres associations, les votes se déroulent cette semaine. Une page générale La planète s’invite à l’unversité permet également de suivre la situation dans les autres établissements du Québec et voir les mobilisations prévues. Concernant la gestion énergétique du campus de Longueuil, l’éclairage ferme automatiquement à minuit, sauf exception (ex. entretien ménager), les salles de cours sont dotées de détecteurs de mouvement pour l’éclairage, le chauffage et la climatisation sont optimisés (réduction nuit et fin de semaine). Le bâtiment de Longueuil intègre également différentes innovations d’efficacité énergétique en faisant un bâtiment très performant. Pour tout commentaire, vous pouvez les transmettre à developpement_durable@USherbrooke.ca.

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