Le jeu vidéo prédisposerait-il à apprendre?

L’Université Concordia vient de publier les résultats d’une recherche sur l’usage du jeu vidéo à des fins d’apprentissage d’une langue seconde. La doctorante Jennica Grimshaw et le professeur Walcir Cardoso de la Faculté des arts et des sciences ont cherché à savoir «…si le fait de jouer à un jeu sur appareil mobile avant le début des cours pouvait améliorer l’aisance à l’oral et la volonté de communiquer des apprenants. »

Le protocole de recherche consistait à offrir une période d’enrichissement de 15 minutes avant chaque cours d’anglais.  Ces périodes étaient offertes à des étudiants francophones de même niveau quant à leur connaissances de la langue anglaise.

Pendant ces périodes, un premier groupe témoin devait jouer à un jeu vidéo présélectionné (Spaceteam ES en l’occurrence). Certaines consignes de jeu devaient être respectées comme, par exemple, le fait de lire une instruction et de la reformuler en anglais pour que les autres joueurs l’exécutent. L’autre groupe témoin devait réaliser des exercices pratiques plus standard visant aussi à développer l’aisance à l’oral en langue anglaise.

Or, au terme des six semaines que durait le protocole de recherche, les étudiants du premier groupe ont obtenu de meilleurs résultats sur certains des aspects évalués.  Des résultats qui concordent avec d’autres études, dont celle de Karsenti sur l’impact du jeu Minecraft en classe du primaire (2017).  L’aspect “divertissant” du jeu vidéo plonge les apprenants dans un espace ludique et «[m]ême si le jeu créait de la pression et du stress parce qu’il était minuté, les étudiants s’appliquaient davantage à y réussir, au point d’en oublier les erreurs qu’ils faisaient» aux dires de Jennica Grimshaw.

Même son de cloche du côté de Jean-François Gosselin, cet enseignant qui vient de recevoir un prix du Gouverneur général pour l’excellence de son enseignement.  Il utilise depuis plus d’un an le jeu vidéo Minecraft pour motiver ses troupes. Selon lui, grâce à ce jeu vidéo, les étudiants arrivent à mieux comprendre certains événements historiques et développent parallèlement des compétences associées à la recherche documentaire, au travail d’équipe et à la créativité.

«Les jeux vidéo ont un côté immersif. Les élèves développent une certaine empathie historique, c’est-à-dire qu’ils ressentent comment les gens de l’époque vivaient et les choix qu’ils ont pu faire. Le jeu permet d’entrer dans la peau d’un personnage historique».

Comme quoi le jeu vidéo n’a pas à être que pur divertissement. Lorsqu’il est choisi avec attention et accompagné de consignes ou de balises claires qui visent le développement des compétences recherchées, l’apprentissage peut avoir lieu.

Sources

Lejtenyi, Patrick, «Les jeux vidéo peuvent aider à désinhiber de l’anglais langue seconde, selon une nouvelle recherche», fil d’actualités Université Concordia, 29 janvier 2019.

Fabriès, Céline, «Apprendre l’histoire grâce à un jeu vidéo», Le Soleil, 20 janvier 2019.

Bugmann, Julien et Karsenti, Thierry, «Transformer l’école avec Minecraft?», Montréal: CRIFPE, 2017.

Une formation gratuite à l'intelligence artificielle voit le jour en Belgique
Le recours aux clients simulés pour enrichir la formation juridique

Exprimez-vous !

*