Des étudiants parlent de tricherie sans complaisance

Deux journalistes de Radio-Canada Estrie ont réalisé une capsule-reportage sur les raisons qui poussent les étudiants universitaires à plagier et à tricher en leur demandant s’il y avait un lien entre la tricherie, le plagiat et l’importance des résultats scolaires?

La réponse est oui, sans hésitation.  Les étudiants interviewés sont d’avis qu’on accorde trop d’importance aux notes parce que le système d’évaluation des apprentissages actuel est basé sur les notes.  Si les notes n’étaient pas si importantes, il y aurait probablement moins de tricherie.  De même, la gestion du temps – pour la conciliation des études avec des travaux à remettre et des examens à faire qui arrivent tous en même temps, avec la vie personnelle, le travail, l’investissement dans des projets parascolaires, etc. – peut devenir déficiente et conduire à des comportements déviants. Dans la capsule, on peut entendre une étudiante mentionner les méthodes d’évaluation et la pondération des examens comme facteurs pouvant jouer un rôle dans la tricherie.  Une autre étudiante avance qu’une certaine désillusion s’installe chez les étudiants lorsqu’ils se rendent compte que le travail demandé n’évalue pas les compétences visées.  Un étudiant parle des valeurs, notamment de celle accordée aux études par rapport à celle d’obtenir une note ou un diplôme.

Les journalistes ont voulu savoir si les étudiants interviewés avaient déjà triché.  Les réponses obtenues mettent en lumière les raisons qui peuvent rendre la tricherie attrayante.  Ainsi, un étudiant dit qu’il a déjà voulu tricher mais qu’il n’a pas eu les nerfs pour aller au bout.  Une étudiante en droit affirme que c’est impossible dans sa discipline et détaille comment on surveille les examens.  Une autre étudiante aborde la difficulté d’écrire mieux que tout ce qu’on trouve déjà écrit, de la difficulté de bien citer et de la difficulté de bien faire la différence entre ce qui vient de soi et ce qui vient d’autrui : la ligne est mince, comme elle le dit.  Ce à quoi, son collègue répond que lui, il ne prend plus de chance et met des guillemets partout.  La difficulté de cerner ce qui est permis et ce qui ne l’est pas peut entraîner la peur de commettre un geste répréhensible sans le savoir, comme cela peut arriver avec les travaux d’équipe.  La demande de travaux valant peu de points pourrait aussi conduire certains étudiants à tourner les coins ronds.

Il est intéressant de noter que les raisons de tricher, en particulier de plagier, ne changent pas vraiment depuis une dizaine d’années au moins.  En effet, plusieurs des raisons invoquées par les étudiants dans le reportage se trouve dans la liste de 14 raisons que l’Université Ryerson avait rendue disponible sur son site :

NDLR – Ne cherchez pas à atteindre la source donnée ici : elle s’est volatilisée depuis.

Nous avons utilisé cette liste pour notre atelier Le plagiat déjoué  et nous avons regroupé les raisons invoquées par les étudiants selon qui pouvaient le mieux  les déjouer : administrateurs, étudiants ou enseignants.  L’atelier porte sur le pouvoir que les enseignants ont pour contrer les raisons 11 à 14.   L’atelier est toujours offert sur demande.

Source –  Bourdeau, Louis-Philippe et Lachance-Paquette, Fanny.  [CAMPUS] Plagiat: pourquoi les étudiants trichent?  Compte Facebook d’ICI Estrie.  19 octobre 2018 ou sur Youtube : [CAMPUS] Plagiat: pourquoi les étudiants trichent?  19 octobre 2018.

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